Armellino

Le classic rock classieux

 

Avec Heritage Blend, Armellino nous offre un très beau disque de classic-rock. Portrait de l’un des rares guitar heroes français  : Yann Armellino.

 

 

Nul doute que si Yann Armellino était anglais ou américain il serait une star immense. Mais dans l’Hexagone, le classic rock n’est pas le genre qui a le plus la cote même si les choses évoluent depuis quelques années avec de nombreux groupes français intéressants dans le style, de Little Odetta à Rozedale en passant par Jessie Lee and the Alchemists.

 

Pour ce nouvel album Yann Armellino a délaissé son compère El Butcho avec lequel il avait sorti deux disques au cours des dernières années pour former un groupe avec Vincent Martinez, autre excellent guitariste  : « On se connait depuis presque 20 ans avec Vincent. On s’était toujours dit que nous bosserions un jour ensemble. Cela ne s’était pas fait en partie parce qu’il avait son groupe, Carousel Vertigo. Là c’était le moment, nous y sommes allés. »

 

Pour ce disque, outre Vincent, Yann retrouve son frère Alban à la batterie et Jacques Mehard-Baudot à la basse qui étaient déjà là pour les disques avec El Butcho. La fine équipe nous sort un splendide album de classic rock mais qui contrairement aux albums du genre embrasse de nombreux autres styles : « C’est peut-être parce que j’aime plein de choses différentes. Le heavy blues bien sûr et d’une certaine manière ce disque est un disque de heavy blues mais aussi la soul, les disques Motown ceux du label Chess…Je suis un énorme fan de Stevie Wonder par exemple. Cet amour de la soul on le sent bien sûr avec notre reprise du “Fire” de Etta James avec Jessie Lee au chant. Et puis même si nous avons bien sûr plein de goûts en commun à l’intérieur du groupe nous aimons chacun d’entre nous des choses plus que d’autres. Moi je suis un fan absolu de Kiss, Vincent lui l’est de Bad Company.»

 

C’est sans doute cet éclectisme musical qui fait qu’outre cette reprise Armellino nous en offre une autre, celle du “Dancing in the Moonlight” de Thin Lizzy  : «  On voulait un titre de Lizzy qui ne soit pas très connu mais pas totalement obscur non plus. “Dancing in the Moonlight” était parfait pour ça. On a eu envie de faire le titre d’une manière très différente de l’original. C’est pour cela qu’on a décidé de la jouer acoustique. »

 

Yann Armellino s’est toujours bien entouré depuis ses débuts mais avec Vincent il a peut-être trouvé l’alter-ego idéal  : «  Vincent est un super chanteur. Il est capable d’évoluer dans de très nombreux registres au niveau vocal. C’est sans doute pour cela que le disque sonne aussi varié. »

 

Grand guitariste et grand fan de musique Armellino s’est amusé avec cette pochette réalisée par l’artiste-peintre Laurent Bodson, à faire un clin d’oeil au premier album de Fleetwood Mac : « Le Fleetwood Mac des débuts, celui encore très blues de Peter Green. Le Fleetwood Mac que je préfère, même si celui plus pop de Rumors ou Tusks reste très intéressant. Ce que je n’avais pas prévu pour la pochette en revanche c’est de ne mettre que des guitares Ibanez dans la devanture du magasin de musique. Laurent a fait cela pour rire car il sait que je suis endorsé par cette marque.»

 

Cet album ne sera pas qu’un coup d’essai réussi sans suite. Le groupe pense déjà à l’avenir et a même déjà quelques morceaux sous le coude tant les sessions pour l’album ont été riches et fructueuses. Et dans l’immédiat c’est toute une série de concerts à venir que l’on ne manquera pour rien au monde.

 

Pierre-Arnaud JONARD

 
Heritage Blend – May I Records