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BATLIK

Je suis venu te dire que je m’en vais

 

L’un des plus grands talents de la chanson française, Batlik tire sa révérence. Numéro 13, l’album sorti il y a peu sera son dernier. On ne peut déjà que lui dire : « Reviens ! »

 

 

Il y a près de vingt ans Batlik sortait son premier album. Deux années plus tard l’artiste créait son propre label À brûle pourpoint  qui lui permettait de faire ses albums en toute autonomie. L’artiste sort alors de nombreux albums. Des albums enregistrés dans le studio de La Cuve qu’il a construit à Aubervilliers.

 

C’est à cette même époque que Batlik est approché par plusieurs multinationales du disque dont il refuse les avances sans doute parce qu’un artiste engagé comme lui ne peut répondre aux sirènes des majors : « J’ai eu un discours anti-majors mais je ne l’ai plus. Quand je leur ai dit non c’est d’une part parce que je n’accrochais pas avec les directeurs artistiques que je rencontrais et aussi de par mon étiquette de chanteur engagé. Et puis j’avais aussi l’exemple d’artistes qui avaient signé chez eux et pour lesquels cela s’était mal passé. Je pensais qu’en étant indé on s’en sortait mieux. Aujourd’hui je n’ai plus le même discours d’une part parce que les gens qui bossent chez les majors sont très exigeants et d’autre part parce que les petites boites peuvent autant t’entuber que les grosses. »

 

L’artiste s’en va aujourd’hui un peu par lassitude mais aussi parce que la relève arrive : « Cela fait vingt ans que je fais ce métier. Vingt ans c’est long. Et puis j’arrive à la cinquantaine et je vois arriver la nouvelle génération. Je me dis qu’il est temps de passer la main. Il y a également la mort de mon chien qui est un autre élément qui me fait arrêter. Il m’accompagnait partout en tournée. La musique restera mais Batlik ne va pas rester. »

 

L’artiste a depuis ses débuts été un musicien archi respecté et un artiste exigeant. Cela lui a souvent fait dire qu’il n’a jamais été « énorme » alors même que sa marque sur la chanson française restera pour longtemps : « Il y aura toujours un décalage entre la façon dont les gens me perçoivent et le niveau où je suis arrivé. J’ai été diffusé sur FIP et France Inter donc les gens m’imaginaient plus « gros » que je ne l’étais en réalité. Je n’ai jamais pu faire d’albums grâce aux ventes des disques précédents. S’il n’y avait pas eu les supports des deniers publics je n’y serais pas arrivé. J’ai un public à Paris mais dès que l’on passe le périph je deviens un artiste confidentiel. »

 

Longtemps artiste engagé Batlik écrit aujourd’hui sur des choses plus intimes, plus personnelles comme on le constate encore une fois dans son nouvel album : « J’ai beaucoup discouru au départ. Avec ce nouveau disque je suis devenu le musicien que j’aurais aimé être. J’ai endossé à mes débuts la panoplie du chanteur engagé et l’ai gardé un certain temps. C’est mon épouse qui m’a fait changer de place par rapport à la musique. J’ai eu envie de faire de la musique en écoutant Annie di Franco qui était elle-même une artiste engagée. Mon rapport à l’engagement a aussi changé quand j’ai dû employer des gens car je n’étais pas un très bon patron. »

 

Avant même la sortie de ce dernier album Batlik est parti sur la route pour un dernier tour de piste qui se poursuivra jusqu’en 2024 : « Je ne suis pas triste de cette tournée d’adieu mais elle m’émeut. »

 

Entrevue et photo : Pierre-Arnaud JONARD

 

Numéro 13 – À Brûle Pourpoint

 

Batlik est actuellement en tournée avec notamment une date le 15 décembre prochain à la Maroquinerie

 

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