Johnny Mafia

Garage et humour

 

Johnny Mafia, c’est le genre de groupe capable de rendre toute une salle complètement folle, aussi possédée qu’eux le sont sur scène, au point de demander un exorcisme. Leur garage-punk effréné possède une telle puissance en live que personne ne peut rester impassible. À voir absolument !

La scène avant tout

Il ne faut pas se fier à ces gueules d’anges, ces jeunes êtres sont dangereux. La première fois que l’on croisé sur la route le groupe originaire de Sens, c’était aux Bars en Trans en 2016, il venait de sortir son premier album, Michel Michel Michel. Avec la photographe, nous étions au plus près de la scène pour ne rien manquer des guitares malmenées, des corps convulsés et des visages vrillés : nous nous sommes vite retrouvées dans un gouffre infernal où à des âmes déchaînées ne répondaient que des paroles chantées-criées, des riffs de guitares et de la frappe de forcené sur la batterie. Un concert des Johnny Mafia, c’est beaucoup de casse, et des côtes fêlées. Retourner à ce point une foule compacte, cela doit faire un vif effet ! « Ce sont des choses qui font toujours plaisir, mais on ne perd pas le nord, on se concentre sur les prochains objectifs. On écoute les conseils de notre manager, on prend les concerts les uns après les autres et on essaie aussi de se faire plaisir, du coup on s’amuse bien, les gens le ressentent, ils sont heureux, nous aussi, bingo ! C’est gagné, c’est un cercle vertueux, vous voyez ? » Oui, très bien.

 

Johnny Mafia

 

Une pincée d’humour et de nostalgie

L’humour, c’est bien ce qui les distingue de tous les nouveaux groupes de garage qui naissent un à un depuis quelques années. « D’ailleurs, pour le titre de notre nouvel album on a hésité avec Prince de l’humour, mais bon, Prince de l’amour c’est bien plus sombre et intense », déclarent-ils avec ironie, justement. Bien que cela ne transparaisse pas dans leurs paroles – mais davantage dans leurs vidéos – leur musique fait instantanément penser à ces groupes de rock californiens des années 2000 plein d’humour (on pense à The Offspring). Les écouter, c’est aussi être nostalgique d’une certaine époque.

 

L’épreuve du 2e album

Deux ans après Michel Michel Michel, les Sénonais se frottent au tant redouté deuxième album. Ça passe ou ça casse, cela confirme ou enterre un groupe : de quoi ne pas être serein. «  Il n’y a pas vraiment de pression, on est juste impatients de sortir cet album car le premier commence à dater. On l’a enregistré en février et maintenant on a super envie de le faire écouter. C’est aussi la première fois que l’on enregistre avec notre nouveau batteur : Enzo. » Confiants dans leur musique, les quatre garçons peuvent en plus se targuer d’être bien entourés : le producteur américain Jim Diamond (The White Stripes, The Dirtbombs…) les a repérés au détour d’un de leurs concerts et les a suivis en studio. Autre changement : le label, les Londoniens de Dirty Water records. Le danger de signer avec des pros, c’est de voir sa musique évoluer au gré des exigences d’une maison de disques… «  Tout avait été composé et enregistré avant de signer avec eux, du coup cela n’a rien changé à la création. On leur a envoyé les morceaux, ils ont apprécié et ça s’est fait comme ça. » Du pur Johnny Mafia, donc.

 

JohnnyMafia

 

À la conquête du Québec

Après avoir écumé les salles de concerts et les festivals de France et quelques autres en Europe, c’est vers un nouveau continent qu’ils sont allés répandre leur punk-garage. « C’était la première fois que l’on allait au Québec, une étape marquante pour le groupe et pour chacun d’entre nous. On a pu ramener de super cadeaux à nos proches (éponge semi-automatique, cadre 3D à l’effigie de Jésus, sirop d’érable, etc.) ! Le public était charmant, jovial, généreux, cool, peut-être pas révérencieux mais courtois, positif et ponctuel, s’il vous plaît ! »

 

Prince de l’amour  (Dirty water records)

Ce nouvel opus, c’est un mélange de morceaux très énervés comme “Ride” sur lequel on ne peut que secouer tout son corps, et des morceaux sautillants, plus mélodiques où les refrains se chantent en chœur, le sourire aux lèvres, comme “Big brawl” ou “Feel fine feel time” et ses harmonies de voix. De l’unité et de la nuance, des énergies variées : un bon album en soi.

>> Site de Johnny Mafia 

LAURA BOISSET
Photos : GUENDLINA FLAMINI

 


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