Bandeau Longueur d'Ondes n° 101

SOL HESS

Sol Hess

Artiste talentueux, Sol Hess nous propose aujourd’hui son premier album solo. Un disque de folk épuré et intimiste au charme infini.

Même si la famille a joué un rôle important dans la conception du premier album solo du Franco-Britannique (la pochette représente un portrait de sa mère par sa grand-mère, femme qui fut une peintre de grande renommée), son disque n’est pas pour autant un album sur le cercle familial, ou du moins pas seulement : « L’un des thèmes du disque est celui de la connexion qui existe entre les gens et ce que ceux-ci peuvent nous laisser. À leurs disparitions, les êtres humains prennent des choses avec eux. Il y a donc cette idée dans le disque que les gens lorsqu’ils s’en vont emportent avec eux un monde que l’on ne reverra sans doute pas. J’aime l’idée que les coexistences passées et actuelles puissent se réunir. La pochette montre la rencontre entre ma grand-mère, ma mère et moi, entre passé et présent. » 

sol hess the missing view

 

La musique produite par Sol est celle d’un solitaire et c’est sans doute pour cette raison que l’artiste a décidé de partir à l’aventure en solo, ce qui ne signifie pas pour autant qu’il ait mis un terme à ses groupes, Sweat Like an Ape ! et Sol Hess and the Sympatik’s : « J’aurais au contraire grand plaisir, après ce disque, à les retrouver. Je pense, à l’avenir, concilier les deux, les groupes et ma carrière solo. »             

Cette solitude voulue pour un temps amène à un disque dans lequel le silence prend une part très importante : « J’ai voulu cet album comme une chambre vide, chambre dans laquelle l’auditeur peut l’écouter avec moi. » Ce disque est aussi celui d’un story-teller, ce qui apparait somme toute logique pour cet artiste qui se destinait à la base au cinéma : « Le rapport à la dramaturgie me suit dans tout ce que je fais, que ce soit la musique ou les scénari de bande-dessinée. C’est important pour moi que l’auditeur puisse s’imprégner des histoires. » C’est peut-être aussi pourquoi le côté spoken-word prend une place si importante dans The missing view . Le musicien alterne ainsi à diverses reprises textes dits et chant, influence qui lui vient de son amour pour Pulp : « Dans un livre, Jarvis Cocker disait que lorsque tu n’arrives pas à chanter un texte, il faut le lire. Cela m’avait marqué. J’en ai retenu la leçon. »

 

 

Le disque de Sol, par sa folk intimiste amène à une sorte d’introspection mélancolique : « J’ai un plaisir sensoriel à la mélancolie. Nous, humains, sommes liés par beaucoup de joie mais aussi de tristesse. Ce que j’écris n’est pas sombre pour autant, mais au contraire lumineux. Je trouve que la folk est la musique qui développe le plus ce sentiment mélancolique. C’est dans ce genre musical que les chansons apparaissent le plus nues. Ado, j’écoutais beaucoup Dylan, Neil Young puis j’ai découvert plus tard Nick Drake, Leonard Cohen. »

Folk épuré donc, ce qui n’empêche pas l’album malgré ce côté « nu » de développer des arrangements simples et subtils qui donnent à l’ensemble un charme délicat : « J’ai utilisé une guitare baryton qui amène à des effets proche du synthé. J’avais envie que les arrangements soient presque des arrangements fantômes, invisibles. »

Si l’époque actuelle empêche la tenue de concerts, la formule proposée par Sol sur cet album devrait lui permettre de retrouver les planches plus tôt que la plupart des groupes : « La configuration avec des gens assis est encore mieux pour ce que je peux offrir sur scène avec ce disque. Avant le deuxième confinement, il y avait beaucoup de retours de la part des programmateurs. Malheureusement, ce second confinement est arrivé et avec, la fermeture des salles. »

 

>> Le site de Sol Hess

Pierre-Arnaud JONARD

The missing view – Platinum Records – P572

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