Entrevue avec La Chica

Une fille au cœur hybride

Repérée en 2017 avec son EP Oasis, cette Parisienne aux origines vénézuéliennes avait séduit grâce à son mélange de pop, d’électro, de sonorités latines, tribales, urbaines et acoustiques qui tapissent ses mélodies au piano et son chant habité. Une musique bigarrée, à l’image de cette fan de Ravel, Debussy, Radiohead ou Tune Yards, qui s’est toujours imprégnée de cultures différentes pour composer ; comme en témoignent ses clips, sortes de collages entre street art, dadaïsme, art brut, etc. « Mon écriture est naturelle, c’est un mélange de toute la densité cérébrale qu’il faut évacuer pour notre bien-être. Ces collages ressemblent à ce que je suis et viennent de mes influences d’Amérique latine, de mon goût pour la langue espagnole, que je trouve lyrique et fantastique, mais aussi du rock, du hip-hop hardcore et de l’anglais, qui est une langue qui sonne », explique l’artiste, rencontrée à Bordeaux dans le cadre des soirées du collectif Tribal Traquenard. À la veille de la sortie de son premier album, prévue pour la rentrée, Sophie Fustec (de son vrai nom) a troqué le repli sur soi contre l’ouverture sur le monde : « Le premier EP se passait à l’intérieur de moi, parlait de rêves, de cauchemars, d’angoisses. Sur l’album, il y aura une transformation vers l’extérieur, il sera plus incisif, plus généreux dans le propos car je dis des choses plus concrètes ; la situation au Venezuela, où les gens crèvent la dalle, m’a marquée; certains titres partent de là. » Si elle a déjà accompagné, jadis, quelques mastodontes de la variété-pop (Christophe Maé, Shy’m, Pauline Croze, Yael Naim, 3SomeSisters…), La Chica joue désormais seule sur scène. Un moyen de « se mettre dans une certaine transe. » Mais une formule duo se prépare, « car j’aime tellement le partage ! »

 

Texte : ÉMELINE MARCEAU

Photo :  MAXIME DE BOLLIVIER

EP « Oasis » / Autoproduit  (nouvel album en septembre 2018)

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