Punk’s not dead !
Frères 2 Misère c’était jusqu’à aujourd’hui un seul et unique album (devenu culte depuis) sorti en 1996. Près de trente ans après Napo Romero, Matu et Léon remontent l’affaire pour notre plus grand plaisir.

Lorsque Napo Romero et Mano Solo se réunissent avec Chihuahua en 1995 pour un projet éphémère, Frères Misère, c’est dans le but de dénoncer les injustices sociales et la montée d’une extrême-droite de plus en plus inquiétante. Les deux hommes ont l’idée d’un projet éphémère et c’est pourquoi il n’y aura qu’un seul album du groupe ainsi qu’une dizaine de dates qui se termineront par un Bataclan archi complet. Trente ans plus tard rien n’a changé et on est bien obligé de constater que la situation est même bien pire que celle qui prévalait en 1995. Mano Solo n’est plus, mais ses frères sont toujours là et bien là pour dénoncer ce qui ne va pas dans notre société : « On le fait parce que malheureusement plus personne ne le fait. Autrefois tu avais des artistes populaires qui ouvraient leurs gueules. Je pense à Cali notamment. Aujourd’hui tu ne le vois plus à la télé. On avait malheureusement été clairvoyants avec Mano Solo sur le danger fasciste. J’habite dans le Sud Est, dans un coin anciennement communiste mais devenu fasciste et raciste. Je ne vais jamais dans les bars à cause de cela. C’est dur à vivre cette situation mais lorsque l’on joue, les gens viennent nous voir après les concerts en nous disant « merci, on se sent moins seuls ». Nous voulons fédérer autour de cette lutte anti-fasciste. Quand tu vois que des manifs néo-nazis sont autorisées dans Paris alors que celles anti-fascistes sont interdites, tu te dis que cela ne peut plus durer. »
Ce nouvel album est donc bien évidemment un disque politique mais il est aussi bien sûr un hommage à Mano Solo, au cri de celui-ci comme le dit joliment Napo Romero. Il est aussi le prolongement logique de cette tournée qu’avait faite les Hurlements de Leo il y a plusieurs années de cela, en hommage au musicien disparu : « Ils m’avaient proposé de faire cette tournée avec eux. C’est comme cela que nous nous sommes connus et que Laulo, Melismell et Fredo sont sur le disque aujourd’hui. »
Napo et Mano Solo se sont connus à la fin des années 70 au moment de la première vague punk : « On s’est rencontrés parce que nous étions punks. J’étais à la rue. Il m’a hébergé chez lui. On a commencé à composer ensemble. On avait monté un groupe, Gutter Rats en 79. Et puis il a fait partie de mon groupe, les Chihuahua. On l’a viré parce qu’il était insupportable. Mais on a continué au fil du temps à faire de la musique ensemble. Il a ensuite explosé avec l’album La Marmaille Nue. On entend sa voix sur deux titres de l’album “La seconde d’après” et “le Doigt en l’air”. Ce sont des morceaux que nous avons retrouvés, qu’il avait maquettés mais qui n’étaient jamais sortis. »
Comme le dit si bien l’adage : punk un jour, punk toujours. Napo contrairement à bien d’autres n’a rien renié. Il nous offre avec cet album un disque authentiquement punk tant musicalement que dans ses textes revendicatifs : « Être punk c’est une philosophie, une façon particulière d’analyser les choses. Être punk c’est être anti-fasciste, anti-raciste et avoir le respect de la différence. Et bien sûr être anti-social. La vibration de 76 est toujours là. Cet album et la tournée qui va avec c’est une véritable cure de jouvence pour moi. »
La seconde d’Après-Verycords
Texte : Pierre-Arnaud JONARD
En concert au Trianon le 6 Juin et ensuite dans toute la France



