Lemofil x Paul Watson

Du 9 au 13 juin se tient à Nice la Conférence des Nations unies sur l’Océan (Unoc) organisé conjointement par la France et le Costa Rica. À cette occasion l’artiste Lemofil et l’activiste Paul Watson ont sorti un titre, “La Folie des Hommes”, pour sensibiliser sur cette cause essentielle.

 

 

Comment s’est organisée cette rencontre entre toi et Paul Watson ?

Dès ce week-end,  aura lieu à Nice la conférence des Nations Unies pour les Océans. Cette conférence a pour but de préserver les océans. Un label Mangroove Music a pensé qu’il serait bien de faire un truc pour alerter l’opinion publique là-dessus. Le label a fait le lien entre Paul Watson et moi. Paul écrit des poèmes et on a trouvé qu’il serait intéressant de mêler de la musique avec l’un de ses poèmes.

 

Mangroove Music n’est pas ton label. Comment ont-ils pensé à toi ?

Ce label propose des projets avec de nombreux artistes. J’ai une visibilité dans la sphère écolo du fait de mon morceau “Pétrole”. Ce titre parle de ma copine qui ne veut pas avoir d’enfant du fait de l’état de la planète. On m’a invité sur des événements écolos suite à ce morceau.

 

J’imagine qu’avec les moyens techniques modernes vous avez tout fait à distance avec Paul ?

Non non je l’ai rencontré. Il vit désormais à Paris. Après son emprisonnement au Groenland il est venu en France où il est très populaire. Il m’a envoyé ses poèmes puis nous nous sommes rencontrés.

 

Le titre est entre rap et chanson avec en plus ce poème de Paul.

Nous avons pas mal coupé dans son poème qui était très long. Nous avons ajouté de la musicalité pour amener du souffle, de l’espoir. Quant à la forme “rapée”, elle donne le côté engagé.

 

Dans le morceau on a l’impression que tu parles à un enfant pour lui donner ta vision du monde.

Paul Watson est un monsieur de 70 ans, j’en ai 25. Il y a cette idée de transmission. Paul a été un précurseur. Il a beaucoup de charisme. C’était vraiment quelque chose que de le rencontrer mais il est à l’écoute de l’autre. Il m’a dit « la musique c’est ton domaine ». Il a l’habitude des caméras, des télés mais là c’était un autre exercice. Il a une voix vraiment impressionnante. Elle vient des abysses.

 

Ta génération est très engagée dans le combat écolo. Pourquoi plus que les précédentes ?

Nous voyons les premiers impacts de la crise écologique. Je viens d’un petit village de Haute-Loire où il y a eu de grosses inondations. Les assurances ne veulent plus assurer car ils savent que ça se reproduira. Ma génération vit déjà les effets de la crise écologique et ne veut pas que les choses empirent. J’aime beaucoup ce poème de Czeslaw Milosz : « Une chanson sur la fin du monde » écrit en 1944 qui parlait déjà de cela dans un autre contexte. Les choses empirent mais de façon latente. Ce n’est pas comme s’il y avait une guerre et que nous devions résister mais chaque année les canicules sont de plus en plus fortes.

Le morceau a quand même un côté positif. Il y a de l’espoir à la fin. Alors que toi tu as un univers assez triste.

Mon univers est certes triste mais pas que. C’est vrai que je ne fais pas de la musique pour danser. Ma force est de fouiller dans mes émotions les plus intimes. Je vais toujours vers une forme d’espoir et il y a également cela dans ce titre. Avant la rencontre avec Paul j’avais une sorte de fatalisme et il m’a mis un coup de boost.

 

Les sons marins ont été fournis par le centre de recherche de la Sorbonne. Vous avez samplé des sons de baleines ?

En gros c’est cela. Martin, mon pianiste, a composé à partir du poème de Paul et des sons d’animaux marins. On entend aussi bien des pleurs de baleine que des sons de baleine qui leur permettent de se localiser.

 

Texte : Pierre-Arnaud JONARD – Photo : Arnaud HUK

 

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