Appalooza

Cheval fou

 

Ils citent pour influences Alice In Chains, Queens of the Stone Age ou bien Them Crooked Vultures. Appalooza est un cheval perdu assoiffé de liberté, puisant son inspiration et son essence dans la poussière d’un désert aride. Après une première tournée américaine en 2015, le groupe a galopé sans relâche depuis. Tissant son histoire autour d’énigmatiques références bibliques et d’une approche cinématographique fascinante, ils mélangent subtilement stoner rock, grunge avec des percussions tribales emblématiques de leur son. Propulsé par un déferlement exaltant de riffs métalliques, de grooves bruyants, de rythmes multi-couches, le trio breton a livré des prestations audacieuses, comme un tour de force sonique qui a cimenté leur réputation comme l’une des formations de heavy rock les plus créatives de sa génération.

 
 
 

Votre premier album Appalooza est sorti en 2018. Deux autres ont suivi (en 2021 et 2023) et le prochain sortira au mois de septembre. Quel a été le processus d’écriture mis en place à vos débuts et comment avez-vous décidé de la direction musicale à prendre ?

 

Le processus de composition a toujours été le même, Sylvain (alias Wild Horse – Chant/Guitare) écrit la structure ainsi que les textes, il enregistre ensuite les pre-prods, et les envoie aux autres membres du groupe. Chacun apporte sa vision aux morceaux, puis nous nous réunissons pour valider les compositions une à une avant l’enregistrement en studio.

 

Appalooza est un nom de groupe que l’on retient immédiatement. Mais d’où vient-il ?

 

Appalooza vient du cheval «Appaloosa», une race recueillie par la tribu amérindienne des Nez-Percés dans le nord-ouest des États-Unis. Elle a été par la suite décimée par l’armée américaine pour affaiblir les premières nations car ces chevaux étaient considérés comme des atouts de guerre. La race a donc bien failli être exterminé. Depuis environ 100 ans, il y a eu une volonté de reconstituer cette race. Il y a là comme un processus de réincarnation, de résistance, de ne rien lâcher. C’est l’essence même du projet.

 

On pourrait vous classer dans la catégorie « stoner » mais lorsque l’on écoute attentivement vos chansons, on décèle notamment des échos grunge. C’est une évolution naturelle de votre son ou c’est juste une envie de votre part d’explorer d’autres sonorités ?

 

La création musicale s’est toujours faite naturellement, sans vouloir effectivement s’enfermer dans un style de rock particulier. Il y a un peu de grunge, de stoner, de metal, de pop, tout en gardant une certaine prise de risque dans la composition et en explorant d’autres sonorités.

 

La formule power trio est celle qui vous convient le plus ?

 

La formule s’est imposée à nous lors de notre première tournée américaine où notre second guitariste n’a finalement pas pu nous accompagner, il n’a d’ailleurs pas pu continuer l’aventure par la suite. C’est une formule qui est, logistiquement et musicalement, plus efficace et lisible. Cela nous convient très bien.

 

Votre empreinte musicale et votre univers graphique font de vous un groupe à part. Arrivez-vous à toucher un autre public que la scène rock en général ?

 

Je pense que le revival du vinyle y est pour beaucoup, son grand format engendre un plus grand intérêt à l’art et au concept d’un album. Sylvain (Wild Horse) est dessinateur / tatoueur, il a voulu apporter au groupe ses compétences. Il produit également pour d’autres personnes.

 

Racontez-nous la signature avec l’excellent label californien Ripple Music…

 

Nous voulions travailler avec Ripple Music, et nous leur avons envoyé un mail avec un lien vers notre second album «The Holy Of Holies» en exclusivité Ils ont aimé, et le contrat était prêt la semaine suivante.

 

Avec quel titre de votre répertoire, vous aimeriez que les gens vous découvrent ?

 

“Pelican”, pour illustrer le propos quant à l’alliance Stoner-Grunge-Metal-Pop dans notre musique !

 

Sans tout dévoiler, à quoi peut-on s’attendre avec la sortie de votre quatrième album, qui est prévue pour le mois de septembre ?

 

Au vu de ce que raconte nos albums, nous aborderons avec celui-ci (The Emperor of Loss) un chapitre plus sombre traitant du deuil et du syndrome de Stockholm. Il sera donc effectivement plus sombre, plus brut et plus lourd que les précédents, avec moins d’overdubs illustrant une énergie plus live.

 

Texte : Arno JAFFRÉ – Photo : Cyrille BELLEC