Le Chabada, Angers le 17 janvier 2025
Il était une fois, à l’ère du vocoder, de l’auto-tune et des grands maquillages sonores, une bande de musiciens qui sentaient bon le live jusqu’au bout du médiator. L’union fait la force, on le sait. Réunion de deux groupes originaires de Douarnenez (Komodor) et de Paimpol (Moundrag), Komodrag & the Mounodor, fait le tour de la question et recycle les bonnes vieilles recettes d’antan en ne donnant jamais l’impression de donner dans la facilité. Une impression en grande partie due à l’énergie dégagée par ces bretons qui font preuve d’une maturité à toute épreuve. Ils cristallisent l’idée du groupe rock revival, faisant rejaillir des souvenirs auditifs qu’ils maîtrisent parfaitement. Ils parviennent également à mêler leurs influences respectives pour nous concocter une musique tendant à sortir des sentiers battus, bien plus qu’elle en a l’air. Les guitares sonnent justes en permanence et convoquent les fantômes de Gary Rossington (Lynyrd Skynyrd), Dickey Betts (Allman Brothers Band), et Steve Marriott (Humble Pie), la section rythmique est parfaitement adaptée et ronronne à merveille, l’orgue Hammond est crémeux et le tout vocifère à l’unisson dans un déluge de rock qui fait du bien au corps et à l’esprit. Leur son est organique, chaud, crépitant, et couplé avec un groove coloré qui donne envie d’en avoir un peu plus à chaque fois. Sans copier qui que ce soit, ce groupe originaire du Finistère s’impose d’entrée dans un classic rock inspiré et jouissif. Tout comme certaines formations, ils ont digéré comme personne l’héritage offert par les grands noms du genre et se permettent même de le revisiter par moment. A qui prend la peine de les écouter, c’est un cortège d’influences chamarrées qui définit leur espace musical. A sept sur scène, la démonstration se fait arithmétique et l’amplitude sonore donne l’impression que le combo s’est invité dans votre salon (« Born in the Valley » résonne encore dans ma boîte crânienne). En guise de conclusion, une reprise de MC5 (Ramblin’ Rose) et c’est avec un grand sourire aux lèvres que nous quittons la salle. Une bien belle soirée qui nous a donné l’envie de les revoir au plus vite. Après une prestation d’une telle qualité, pas besoin d’être ceinture noire de boule de cristal pour comprendre qu’ils iront sans doute très loin…en tout cas, c’est tout le mal qu’on leur souhaite.
Texte : Arno JAFFRÉ // Photos : Cyrille BELLEC (@cyrillebellec)










