Arcadia © Alex Chapas

Poète et profane

La passion et l’utopie sont leurs moteurs. Sous le couvert d’un discours collectif aussi réfléchi que drôle, ces cinq musiciens dissimulent dans la vraie vie, avec une certaine pudeur, une soif d’émotions profondes et exacerbées qu’ils assouvissent sur scène. « Notre musique n’est pas simplement une envie, c’est aussi un besoin, un exutoire ! ». Fier de leur 1er album La chute, Benjamin le guitariste, poursuit : « C’est un accomplissement. C’est un chapitre que l’on a ouvert et qui va se refermer. C’est un sentiment assez étrange. » Pour Julien, le chanteur, le choix de textes, exprimant les tourments, les doutes d’une jeunesse désabusée et désœuvrée, ont largement influencé le côté sombre et sale du disque. « Ça se passe toujours un peu la nuit, dans ces moments où bourrés, à la sortie d’une boîte, on fait le point sur la vie. Certains partent vraiment dans l’excès, comme dans cette scène de Fight Club, où le héros veut buter tous les pandas parce qu’ils sont pas foutus de baiser ! »

 

Arcadia © Alex Chapas

 

Entre ombre et lumière, la voix théâtrale et écorchée de Julien comme la sensualité vocale énergique de Clothilde surplombent les élans complices et héroïques du trio basse/batterie/guitare. Faisant référence à des figures comme Saez, Noir Désir, Parabellum et même Thiéfaine, ces jeunes artistes naviguent entre structures rock électrisantes assez classiques et instrumentations plus sinueuses, inspirées à distance par l’efficacité du métal, la rage du punk et les déviances du rock progressif. Pour Benjamin, le titre de l’album symbolise ainsi parfaitement la libération créative qui s’est opérée en studio : « Plus l’album avance, plus la musique reprend ses droits par rapport au chant. La chute, c’est un peu le reflet de l’enregistrement, c’est le principe du créateur qui se noie dans sa création. »

“La chute”/Autoproduction

Texte : LAURENT THORE
Photo : ALEX CHAPAS

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