tRuckks © Guendalina Flamini

De bruit et de fureur

Dans le sillage de Lysistrata, de nouveaux groupes noise émergent un peu partout à travers l’Hexagone. Parmi ceux-ci, ces nouveaux venus, que le groupe de Saintes a signé sur son label, Grabuge Records. Une rencontre faite lors du festival Détonation à Besançon en 2017. Depuis, les deux groupes ne se quittent plus, jouant régulièrement ensemble. Un coup de foudre musical bien sûr, mais au-delà, amical et humain. « Rien que d’avoir sorti un EP sur un label qui porte ce nom est quelque chose dont nous sommes super fiers. » tRuckks vient de Vesoul, ville immortalisée en 1968 par la chanson homonyme de Jacques Brel. Une ville que l’on n’imaginait pas aussi active musicalement : « Il y a une belle scène ici avec des groupes intéressants comme La Bite et le Couteau ou Membrane et des associations très dynamiques qui portent de beaux projets. Malheureusement, il y a peu de salles où jouer. » Si on peut aisément cataloguer les Vésuliens dans la sphère noisy, ils aiment quant à eux se qualifier de psychenoisehardcore et leurs influences sont plus diverses que l’on pourrait l’imaginer de prime abord puisqu’elles vont du hard-core de Turnstile au stoner de All Them Witches. Le groupe possède la particularité de chanter en français, phénomène rare dans ce style musical : « C’est notre langue maternelle. Il est donc plus naturel pour nous de s’exprimer en français. Ça nous permet aussi d’être plus précis. » Avec ce premier EP à l’univers sombre, à l’image de sa pochette mystérieuse et complexe, le combo se place parmi ce qui se fait de mieux dans le style bruitiste. Ils n’ont pas à rougir de la comparaison avec les Canadiens de Metz, dont ils revendiquent haut et fort l’héritage. Un nouveau talent est né.

 

tRuckks © Guendalina Flamini

 

 

 

Autophage – Grabuge Record

Pierre-Arnaud Jonard

Photos : Guendalina Flamini

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