LABOTANIQUE
Egocentrique planète

Sur leur second EP 47e parallèle, Ronan (le poète) et Thomas (le musicien) opèrent une transition, un passage de la jungle à la ville, référence au précédent L’aventure des plantes. « C’était aussi notre ambition que d’évoluer vers des sonorités plus hybrides, notamment par rapport au rap qui se métisse de plus en plus, en se frottant à la chanson française, amène d’autres esthétiques musicales, comme l’indie-pop sur “Bleu Cobalt ”, des sonorités synth-wave sur “Polaris”. » Se considérant désormais comme un véritable duo, les néo-Nantais s’éloignent d’une pratique foncièrement rap, de ces textes qui « viennent s’écraser sur l’instru ou écraser l’instru ». « Nous avons vraiment pris le temps d’interroger le processus créatif de l’autre, d’échanger, revisiter nos acquis pour produire quelque chose d’atypique, d’original, qui nous correspond. » L’idée directrice de ce disque se base sur ce lien qui unit chacun de nous à une zone urbaine, entre attirance et répulsion. Directement influencés par leurs périples respectifs au Pérou et en Russie, les deux complices se sont emparés de cette impression née de l’éloignement : « Quand l’avion se pose, il y a un sentiment assez déroutant et assez agréable en même temps, celui de se sentir touriste dans son propre quotidien. » Pour vivre par procuration cette sensation étrange, il suffit de se laisser porter par ces six titres « pensés comme un voyage en différentes étapes », dont la sensibilité littéraire se dévoile sur des rythmes cotonneux et feutrés, révélant une trame narrative post-moderne, largement influencée par les lectures de Tristes Tropiques de Claude Lévi-Strauss et de Terre des Hommes de Saint-Exupéry.

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“47e parallèle ” / Autoproduction / Active Records

LAURENT THORE
Photo : MARKI LLICIC


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