Nobodys Cult

Nobody’s Cult

Le 14 Janvier 2019 au Supersonic (75)

La salle du quartier de la Bastille est plutôt bien garnie, signe encourageant pour un lundi, jour dont on sait qu’il n’est pas le préféré du public pour sortir se remplir les oreilles de sons rock. Le line-up proposé ce soir est sans doute pour beaucoup dans l’affluence, les trois groupes hexagonaux au programme formant une affiche plutôt prometteuse.

Ce sont les Brestois (d’origine) de Steve Amber qui ouvrent la soirée. On est particulièrement impatients d’entendre sonner les titres de leur excellent dernier EP From a Temple on the Hill paru l’année dernière. Le set commence par le même morceau que le disque, à savoir “Dust”. C’est clair : la musique du groupe gagne encore en puissance et émotion, les instruments se répondent, on est transportés vers ce fameux temple sur la colline et si tant est que l’on ait eu envie d’en redescendre, les premières notes du très beau trip-hop “At road’s end” en découragent définitivement. On reste perchés. Tchaz, chanteur et guitariste, fait les présentations : « Je suis Steve Amber, ils sont Steve Amber [NdlR:désignant les autres musiciens], vous êtes Steve Amber, tous ensemble nous sommes Steve Amber ». Puis “What the Radio Plays” et “Mood Swing/Moderator”, autres titres issus de leur dernier EP, s’enchaînent avant que “Only Mortal” et “Something Wrong” ne viennent parfaitement conclure cette première partie de soirée. L’intermède rendu nécessaire par le changement de setup est le bienvenu pour que l’on reprenne nos esprits après cette prestation qui a largement tenu toutes ses promesses.

Steve Amber

La deuxième partie est assurée par le duo toulousain The Twin Souls composé de Guilhem et Martin Marcos que certains ont peut-être connus quand ils officiaient sous le nom The Strings, alors trio. Le nouveau line-up est récent, mais la complicité des frères s’est visiblement jouée de l’habituelle nécessaire période de rodage. Complètement à l’aise, ils s’échangent guitares (les deux sont gauchers) et batterie au gré des morceaux. Dans un style résolument plus rock garage (genre décidément affectionné par nombre de duos rock) que ce que la musique des Strings avait montré, les Toulousains enchaînent onze titres dont trois extraits de leur premier EP à paraître (“All for you”,“Dead end” et “Till I did”) et quelques autres inédits comme “Hey hey” ou bien encore “From the left to the right”. Même si leurs qualités de mélodistes sont évidentes, Martin a l’air tout surpris et heureux de voir le public adhérer : « On nous avait dit qu’à Paris le public était froid, eh bien pas du tout en fait ! ». Ainsi, ils n’hésiteront pas à franchir de nouveau la Loire et c’est une excellente nouvelle !


The Twin Souls

Les Parisiens de Nobody’s Cult prennent finalement possession de la scène, entourant la chanteuse Lena Woods et sa harpe électrique, attisant ainsi un peu plus la curiosité même si le groupe est connu de beaucoup dans la salle. Le combo montre une nouvelle fois que sa musique est d’une efficacité redoutable : ça sonne fort et juste, tantôt rock bluesy des seventies (Led Zeppelin, Blues Pills) tantôt dans le style des Queens Of The Stone Age. Comme les Twin Souls, Nobody’s Cult profite de la scène pour à la fois roder de nouveaux titres et jouer des extraits de leur EP Echoes from the temple comme “Not Alone” et “Surrender”. Ce dernier et long morceau est interprété avec une force incroyable, soutenu par tous les musiciens qui transforment en un tournemain le Supersonic en un saloon qui sent bon le désert, la sueur, la poussière et le rock. Sous le charme, le public rappelle le groupe…Un superbe lundi soir.


Nobodys Cult

 

 

XAVIER-ANTOINE MARTIN

Photos : ÉMILIE MAUGER


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