Du 15 au 20 janvier 2018 à Ottawa (Ontario Canada)

 

CADRE : De l’hôtel Mariott situé dans le quartier des affaires et ses nombreux salons au Centre des Arts Shenkman en passant par l’Ecole Secondaire publique de la Sale, c’est une bonne partie de la capitale canadienne qui est prise d’assaut par cet évènement dédié à la francophonie.

MÉTÉO : Le Canada, au mois de janvier ! C’est sans surprise un temps glacial qui entoure cette 20ème édition. Après les – 15 degrés du début de semaine, les 2 degrés du week-end semblent – presque – caniculaires.

LES PLUS :

– Une organisation parfaitement maîtrisée et un accueil époustouflant fait aux visiteurs.

– Une véritable passion  pour la francophonie plurielle et pour développer les artistes ontariens.

-Une diversité musicale forte. Des artistes issus de tous les genres aux univers variés et marqués.

– Des musiciens pluridisciplinaires, auteurs, compositeurs, interprètes qui savent jouer du violon comme faire des claquettes.

– Une scène locale ancrée dans sa culture et donc atypique.

– La présentation et le travail journalistique exceptionnel du chroniqueur radio Eric Robitaille toujours prêt à faire un bon jeu de mots pour rythmer les changements de plateaux. La qualité de ses entrevues express tout comme son slam sur le ton de Grand Corps Malade avec Yao (et sur la traduction Google de “Despacito”) resteront dans les mémoires !

– “Les Bastringues”, after-shows donnés au dernier étage du Mariott avec une vue imprenable sur Ottawa. Une nouvelle occasion de faire des découvertes musicales et de manger du pop-corn. C’est bien le fun!

– La possibilité pour les professionnels de découvrir les artistes en toute intimité dans le Studio Pitch au cours d’un showcase d’une vingtaine de minutes et de les conseiller sur leur évolution de carrière.

LES MOINS :

– En janvier au Canada il fait froid pour ceux qui ne savent pas.

– Les concerts continuellement assis qui rendent les spectateurs passifs et laissent peu de place aux artistes pour faire réagir leur audience.

– Le débat sur les musiques métissées à l’hôtel Mariott donnée pendant le repas rendant son écoute très compliquée.

LE GRAND MOMENT : Les Rencontres qui chantent. C’est ce spectacle qui ouvre les festivités. Son concept ? En juin, 12 artistes francophones français, belges et canadiens ont été réunis pendant 12 jours à l’initiative du Village en chansons de Petite-Vallée avec un seul but : créer de la musique. En Gaspésie, ces artistes se découvrent et s’entraident pour mettre en route les rouages de leur créativité. C’est cette histoire qui est contée par ses participants, durant le show, entre morceaux et anecdotes. Chacun présente l’autre à travers le filtre de ce vécu peu commun et des émotions qu’il crée. La créativité devient alors une façon de se révéler. La musique quant à elle est à l’image de chacun des participants. C’est pourtant entourés des autres qu’ils interprètent leurs créations. La musique au-delà des mots mais pas que. Puisque nous voilà, nous public, transportés dans ce moment fort que l’on vit un peu à travers eux.

À noter que le Village en Chanson de Petite-Vallée a tragiquement pris feu au mois d’août 2017. Ce concert était donc en plus l’occasion d’en parler pour aider à sa reconstruction.

LES DÉCOUVERTES :

– La famille Lefaive et son groupe Ariko. Trois jolies jeunes violonistes-chanteuses entourées de leurs parents pour jouer de la musique traditionnelle et faire des claquettes. Un spectacle typique qui met tout le monde d’accord, mais bien loin de nos habitudes françaises.

Clay & Friends : trio reggae, dynamique et barré, servi par un leader déguisé en ramen qui fait bouger la salle.

Les Rats d’Swomps et leur univers proche de Dropkick Murphy, leurs chemises de bucherons et l’énergie folle de ces six mecs qui font le lien en tradition et modernité. Les Matmatah ontariens !

Shaun Ferguson, sa prestation instrumentale, sa violoniste talentueuse et sa maîtrise de la guitare jazz/folk roots.

LES CONFIRMATIONS :

Matiu : sa guitare sèche et sa voix grave. Une attitude telle qu’on peut l’imaginer dans la campagne canadienne et un personnage entier. Et ce même lorsqu’on lui demande ce qu’un distributeur potentiel pourrait lui offrir en le signant et qu’il répond du tac au tac «  Un pack de bières. »

– La prestation de Jacques Jacobus (de Radio Radio ) en duo avec DJ Unpier complètement délirante avec ses morceaux en chiac entre hip-hop et électro. Le LMFAO de l’Ontario !

Cindy Doire qui, enceinte de 7 mois, trouve quand même le courage de se présenter sur scène pour interpréter un projet entre dream-pop et folk. Son guitariste et les échos des chœurs de ses musiciens ne font que renforcer cette atmosphère digne d’un conte de fées.

Yao  grand gagnant du “Prix coup de foudre de Contact Ontarois” remis lors du gala de clôture le samedi soir. Le chanteur s’illustre grâce à son slam “Absurde”  traitant sans concession du racisme.

L’AN PROCHAIN : En janvier prochain, Contact Ontarois sera de retour pour mettre en avant la scène francophone de l’Ontario et proposer ses vitrines d’artistes au grand public et aux professionnels. 2019 sera en outre une année chargée pour la francophonie ontarienne puisqu’aura lieu une nouvelle édition des Trille Or, l’évènement qui récompense tous les deux ans les artistes s’illustrant sur cette scène, et qui se déroulera au mois de mai.

Texte: Julia Escudero

Photos: Kevin Gombert

>> Site Contact Ontarois

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