Roseland en entrevue sur Longueur d'Ondes

Groove cérébral

Émeline accumule les projets musicaux : Le A, Génial au Japon (avec Blandine Peis) et aujourd’hui Roseland. Sur son premier EP (Behind the walls), l’électro charnelle pactise avec l’évidence pop, sans néanmoins négliger les racines rock de l’artiste. « Je compose toute seule précise-t-elle. C’est vraiment mon projet le plus personnel. Il me permet d’exprimer mon côté sombre, mélancolique. L’avantage (qui est parfois un inconvénient), c’est que j’ai une liberté totale sur la compo. Je n’ai personne à séduire dans l’instant du processus de création, sinon moi-même, artistiquement parlant. Avec ce projet, je suis dans ma bulle. »

Un constant changement d’identité permettant à la musicienne de varier les tonalités : « Parfois, j’hésite à donner telle ou telle chanson à Roseland ou Génial au Japon, mais au fil de la composition, une ambiance, globalement plus sombre ou plus gaie, finit par se dessiner et me permet de choisir si une chanson va aller pour l’un ou l’autre. Il y a aussi l’aspect logistique qui fait que je ne peux pas toujours offrir un morceau à Génial au Japon, car il ne pourrait pas être transposé en live de manière efficace, car nous sommes un duo. »

L’album malaxe ainsi les sonorités 80’s, les triturant avec douceur. L’électronique est ici un point de départ et non une finalité : « Je teste des sons, j’expérimente. J’ai parfois l’impression d’être dans un jeu vidéo où tu peux explorer plein de choses ! » Musique qui s’adresse à la fois au corps et au cerveau, populaire et intime ? « J’ai toujours eu cette envie de faire de la musique un peu « cérébrale » et qui soit en même temps efficace et accrocheuse. Imprimer une singularité, une patte artistique tout en allant à l’essentiel. Ne pas tomber dans la musique de supermarché, mais également refuser la musique trop conceptuelle ou de niche. J’essaye de faire primer la mélodie et dégager une atmosphère à chaque titre. »

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Texte : Jean Thooris

Photo : DR

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