Édition 2026
L’édition 2026 du Hellfest a été un très très bon cru. Une excellente programmation, du soleil mais pas étouffant (sauf le dimanche) et une atmosphère générale plaisante.
Le Hellfest est devenu depuis maintenant plusieurs années un mastodonte. Il est l’un des plus gros festivals metal en Europe et son succès a fait que les critiques n’ont pas arrêté de fuser ces dernières années : trop gros, pas assez chaleureux, trop commercial… S’il est indéniable que le Hellfest est un gros festival, il semble difficile de le critiquer au niveau de la programmation. Après des années où le fest semblait vouloir s’ouvrir davantage (et après tout pourquoi pas) l’édition 2026 revenait aux fondamentaux. A part les Hives (et qui se plaindra d’avoir les Hives dans un festival) on était revenu cette année aux « classiques » du stoner, du doom et du black.
On a eu personnellement tendance ces dernières années à passer non pas tout son temps mais pas mal de celui-ci sur la Valley, la scène stoner (et post metal) du Festival. Une fois encore c’est là que l’on verra certains des meilleurs shows du festival : on n’oubliera pas de sitôt la performance magistrale de Elder. Leurs potes de Kadavar nous ont également offert un show d’anthologie. Au niveau post-metal les Suédois de Cult of Luna nous ont offert une véritable leçon : un concert majestueux tant au niveau musical que visuel. On attend le nouvel album, prévu pour novembre, avec impatience. Un concert d’Amenra est toujours un moment unique. Impossible de voir un mauvais concert de leur part : ce sera au pire extrêmement beau, au mieux sublime. Le concert du soir va dans cette direction et il devient difficile de ne pas se mettre à fondre en larmes tant l’émotion est à fleur de peau et la beauté irréelle.
Mais si certains des plus beaux moments du festival ont eu lieu sur la Valley, on n’oublie pas les autres grands moments que l’on a vécu sur les autres scènes. Sur la Warzone, scène dédiée au punk et au hard-core, on a vécu un beau moment de communion entre Ray Cappo, l’inventeur du khrisnacore, de Shelter et son public. Ou encore ce show tout en émotion de Social Distorsion, avec un Mike Ness tout aussi charismatique qu’il ne l’était au milieu des 80’s. Autres grandes performances : Gaerea et Mayhem sur la Temple. Les portugais de Gaerea ont été critiqués par une partie du public black pour avoir délaissé ce genre pour une musique plus « commercial ». Alors certes il y a aujourd’hui des parties de metal-core dans ce que propose Gaerea mais cela n’en fait pas (loin s’en faut) un groupe mainstream. Au contraire leur musique n’a peut-être jamais été aussi envoutante. Mayhem peut donner des concerts catastrophiques ou au contraire des shows merveilleux. Celui du soir est fantastique et le final avec les titres de leur premier EP, Deathcrush, avec des images de ces jeunes ados qui ont inventé le black metal donne des frissons.
Et enfin, on retiendra dans des styles différents les formidables performances des groupes grecs : Rotting Christ une machine de guerre à l’efficacité diabolique, Septicflesh et leur superbe death sympho et le thrash de Suicidal Angels avec des mecs qui jouent comme si leurs vies en dépendaient.
Un très bon cru que ce 2026. Vivement l’an prochain.
Texte : Pierre-Arnaud JONARD – Photos : Stephan BIRLOUEZ








