Rock in Bourlon

Rock in Bourlon est sans conteste l’un des meilleurs festivals français. Une programmation pointue et de qualité, une ambiance cool et bienveillante, un public chaleureux, des artistes, toujours sympas et disponibles : tout est agréable ici dans une ambiance presque hippie.

 

Situé dans le petit village de Bourlon dans le Pas de Calais, à quelques kilomètres de Cambrai, le festival fêtait cette année sa quatorzième édition. Une édition peut-être encore plus éclectique musicalement que les autres car si Bourlon aime d’ordinaire à la fois les musique extrême (black metal notamment) et stoner, cette année on trouvait également au programme des groupes shoe-gaze, pop expérimental et pop atmosphérique…

 

Le premier jour du festival démarre très fort avec le set de l’excellent groupe rouennais Mor (avec des membres de Sordide) qui délivre un set de black metal fort abrasif et intéressant. Canteleu, régional de l’étape nous délivre ensuite un set de coal wave (nous ne sommes pas si proches de la région minière pour rien) du meilleur effet. L’expérimental de Toru, magistral de la part d’un groupe qui n’a jamais déçu. Retour au black metal avec Mourir, groupe norvégien de noise. Puis on assiste à un concert monstrueux de Author and Punisher, et son déferlement de machines diaboliques. Retour à un peu plus de calme avec le superbe set shoegaze de Nothing, comme un retour soudain à 1992. L’EBM du duo de Youth Code, est électrisante et galvanisante et la soirée s’achève de la meilleure des manières possibles sur un superbe concert de Sylvaine, artiste extrêmement douée.

 

Le samedi démarre d’excellente façon avec un set du groupe dunkerquois Mortal Scepter qui nous offre un excellent moment de thrash old school. Une bonne façon de bien démarrer la journée. La journée se poursuit dans le même niveau d’excellence avec le très bon groupe de stoner italien Tons. On apprécie également le grunge de Witch Fever, jeune groupe féminin britannique qui fait fortement penser à L7. Le hard-core thrash de Denial of Life est quant à lui particulièrement efficace. Après ce début de journée fort prometteur, on passe ensuite aux choses vraiment sérieuses avec un concert de toute beauté du groupe post-metal Conjurer. Les maitres du doom, Conan, délivrent un magnifique show comme à leur habitude. Cryptic Shift offre ensuite l’un des shows les plus intéressants de tout le festival avec un death/tech de toute beauté dans lequel la touche expérimentale est bien présente. Magnifique également le concert de Bruit, malheureusement interrompu par l’orage.

 

Et on arrive déjà à dimanche, dernier jour de festival. Ce dimanche est peut-être la plus belle journée de tout le festival. Moundrag donne comme à son habitude un concert génial à mi-chemin de Deep Purple et de Hawkwind. Un grand moment. Puis les Norvégiens de Handgemeng font ressortir l’espace de 45 minutes Lemmy de sa tombe. Du rock’n’roll pur et dur comme on l’aime. On est également ultra fan du concert d’Electric Citizen, le groupe de Cincinnati, qui balance un rock stoner psyché d’excellente facture avec une chanteuse impressionnante. Albert Jupiter le rennais de l’étape nous offre un show entre psychédélisme et kraut-rock particulièrement agréable. Puis les Allemands de Coltaine marquent les esprits avec ce qui reste peut-être comme le sommet des trois jours du festival : du doom sombre et atmosphérique, prenant et envoûtant. Une intensité rare et un concert splendide de la part d’un groupe qui promet énormément. Pas étonnant à l’écoute de leur musique de savoir que le combo a vu le jour dans la Forêt Noire : la musique de Coltaine est belle et mystérieuse comme une forêt la nuit. Autre sommet juste derrière avec les Américains de Rezn qui mélangent prog, shoegaze et psychédélisme. Et on termine en beauté avec un concert de stoner certes classique mais jouissif de Uncle Acid and the Deadbeats.

 

Au final une édition 2026 de toute beauté avec des groupes plus intéressants les uns que les autres. Vivement 2027.

 

Texte : Pierre-Arnaud JONARD