Ravage Club

Paroles Paroles

 

On le sait depuis la transformation de “Comme d’habitude” en “My Way” par Sid VIcious ou du “Poinçonneur des Lilas” par Starshooter : les standards de la variété française sont naturellement compatibles avec des reprises punk qui accélèrent le tempo, distordent les voix de crooner, désossent les arrangements pour en jeter la carcasse et ne garder que le core la mélodie. Acidula (hurleuse au regard perçant qui pourrait en remontrer à Amy Taylor) et Vincent (sorte de Cabu Punk) forment le Ravage Club et viennent de débarrasser “Paroles Paroles” du lamento de Dalida tout en jetant aux oubliettes le baratin de Delon. Reste une reprise qui aurait pu figurer dans les OST de Paris Dernière par son urgence et son absolutisme, sa hargne tout en gardant son sens mélodique. Ce n’est plus un tube mais une Fatalité au sens Mortal Kombat ou, bien entendu une tuerie façon The Kills. Un hymne aussi post #Metoo, de ces femmes qui ne veulent plus se laisser baratiner par des discours toxiques et s’arroger le droit de hurler leur teigne sur des hommes noyés dans la disto. C’est enfin, une boucle bouclée pour ce duo capable de s’approprier avec grandeur “Cherry Bomb” en hurlant vouloir danser avec Iggy Pop, jamais le dernier, on le rappelle à reprendre du Piaf, du Brassens ou du Joe Dassin. C’est le printemps et on a très, très envie de voir pousser ces mauvaises herbes en attendant leur 1er album en janvier prochain.

 

Bruce TRINGALE

 

 

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