Astral Bakers

L’Enchantement

  

Astral Bakers nous avait enchanté avec leur premier album, The Whole Story. Leur second opus, Vertical Life, est tout aussi réjouissant, empruntant au meilleur de la folk comme au meilleur de la pop. Un (déjà) très grand groupe.

  

  

Astral Bakers vient de sortir Vertical Life qui arrive peu de temps après leur premier opus. Une volonté d’occuper le terrain ? : « Nous n’avons pas réfléchi en terme marketing surtout que chacun a son idée là-dessus dans le monde de la musique. C’est surtout un concours de circonstance. Sam Evian (Big Thief, Blonde Redhead ndlr) qui avait mixé notre premier album nous a invité à faire des prises dans sa grange aménagée en studio au Nord de New York. On a composé tout le disque en trois, quatre semaines avant de partir là-bas. On a commencé à travailler sur Vertical Life deux, trois mois après la sortie du premier. »

 

Astral Bakers, avec ce nouvel album oscille dans un univers qui nous évoque tant Crosby, Stills and Nash que Fleetwood Mac mais avec un son qui leur est propre : « Il y a quelque chose de folk, de vintage et un peu à l’ancienne chez Sam. Du coup il nous a sans doute amené vers ça. Nous, nous ne ressentons pas le disque comme étant si folk que cela. Il est quand même assez brut et tranchant. Nous n’avons pas envie de faire quelque chose de trop lisse. La meilleure prise n’est pas forcément celle qui sera la mieux jouée. C’est un disque qui a été fait de manière très collective. Nous avons tous mis la main à la pâte pour l’écriture. Du coup cela donne des couleurs différentes. Chacun dans le groupe amène des chansons avec sa propre sensibilité. Nous sommes amis et cette amitié est aussi importante pour nous que la musique. Cela nous amène à laisser le superflu de côté pour aller à l’essentiel. »

 

Les quatre individualités qui composent Astral Bakers ont un sens du collectif qui donnent une cohésion incroyable au combo et qui semble être l’une de leurs forces : « Nous sommes persuadés que si nous sommes le plus épanouis possible dans ce groupe, cela donnera le meilleur pour Astral. On se fait confiance les uns les autres. Astral Bakers n’est pas la vision d’une personne derrière laquelle les autres membres du combo se rangeraient. Chacun est leader à différentes étapes du processus. Nous sommes complémentaires. »

 

Le premier album des Parisiens ayant reçu moultes louanges le quatuor a-t-il ressenti une quelconque pression au moment de se mettre à la réalisation de ce deuxième opus ? : « La pression nous nous la mettons nous-mêmes. Nous avons une grande ambition artistique. Les bons retours te donnent bien sûr confiance. Il est difficile de faire un deuxième album quand le premier a été un énorme succès et que tu sors d’une énorme tournée de plusieurs années qui t’a rincé. Nous n’avons pas vécu cela. Nous avons été avec ce disque dans l’élan et la continuité du premier. Nous sommes dans une bulle qui nous permet de n’être pas trop sensibles à ce qui se trame à l’extérieur. »

 

Depuis la sortie du disque le combo a pas mal joué tant en version électrique qu’acoustique avec une même réussite pour les deux formules : « On aime les deux. Faire les shows acoustiques est un gros challenge. On joue sans sono sans micro. C’est comme de la musique de chambre. C’est léger comme structure donc on peut le proposer un peu partout. Nous avons donné un concert dans une église dans l’Aubrac. C’était vraiment chouette. »

 

Vertical Life (Sage Music)

 

 

Entrevue : Pierre-Arnaud JONARD – Photo : Louise DESNOS