Rock sous haute tension
Les Franc-comtoises de Fallen Lillies viennent de sortir un superbe brûlot rock-metal, Cran. Un vrai disque de rock’n’roll sauvage et puissant. Nous les avons rencontrées le soir de leur concert au Bataclan en première partie de Manu Lanvin pour en parler.

Quatre ans après No master for Lilly, Fallen Lillies revient aujourd’hui avec un second album explosif, Cran. Quatre ans c’est long et l’on se demandait ce qu’avaient fait les franc-comtoises durant tout ce temps : « Nous avons tourné longtemps pour le premier album. On a mis un peu de temps pour l’écriture du nouvel opus. Et puis, nous étions bien sur scène. Du coup on a eu un peu de mal au début à se remettre à écrire. »
Avec ce deuxième album, Fallen Lilies a décidé d’abandonner l’anglais au profit du français, sous l’impulsion de Fred Duquesne, guitariste de Mass Hysteria et producteur de l’album : « Fred a appuyé sur un bouton qui existait déjà car on avait eu cette idée en tête. On a essayé le français dans son studio. On a d’abord pensé non, avant de finalement penser oui. Avec le français les gens font plus attention aux textes. Nous avons toujours dénoncé des choses mais quand c’est écrit dans notre langue, cela devient plus évident. Nous voulons faire passer des messages sans être trop frontales. Depuis la sortie de l’album tant le public que les médias s’enthousiasment pour le disque ce qui nous fait très plaisir. Le passage au français était un risque. On avait peur de perdre du monde et cela a été le contraire. »
Le groupe dénonce pas mal de choses dans ce disque comme les différentes sortes d’intégrisme dans ce très réussi “Face à eux” qui touche l’auditeur en plein cœur : « Les gens s’approprient les paroles en fonction de leur vécu. Le texte peut être interprété comme une dénonciation de l’intégrisme religieux mais ça peut aussi évoquer les violences physiques. »
Groupe de filles, Fallen Lillies a débuté sans revendication aucune avant d’être partie prenante de ces combos qui réclament fort justement une place plus grande pour les femmes dans la musique : « Nous étions très jeunes quand nous avons commencé le groupe. Nous étions juste une bande de filles qui voulait faire de la musique ensemble. Il n’y avait pas d’idéologie derrière ça. Aujourd’hui, nous avons envie de promouvoir une place plus importante des femmes dans l’industrie musicale. »
Avec ce son entre metal et punk et une énergie débordante, on se demande si les franc-comtoises ne sont pas les héritières de Girlschool et autres Runaways : « Clairement. On aime aussi beaucoup Crucified Barbara. On les côtoie un peu d’ailleurs. Elles sont comme les mamans du metal. On s’identifie forcément plus à des femmes qu’à des mecs. Joan Jett c’est clairement le modèle rock idéal pour une fille. »
Juste après la sortie de ce très réussi nouvel album le quatuor assurait la première partie de Manu Lanvin dans un Bataclan qui se souvenait avec émotion de ceux partis ici trop tôt : « Cela a été un vrai bonheur ce concert. On a à peu près le même public que Manu : les bikers Harley Davidson. Quand nous sommes entrées dans la salle cela a été une émotion énorme. C’était très émouvant. C’est une énorme fierté que d’avoir joué ici. On s’en souviendra toute notre vie. »
Entrevue : Pierre-Arnaud JONARD – Photo : Vincent FACCHINI
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