Darker
Nineteen Something

Comme le veut l’univers dans lequel ils évoluent, The Flicker possède une révolte communicative, et sur l’aspect inoffensif de l’ensemble des morceaux, force est de constater que le rythme est malgré tout concis, véloce et propice à mouiller le maillot. Décidés à en découdre, ils nous balancent quelques missiles, se partagent le boulot de façon équitable, et tentent (avec brio) de remettre un peu d’ordre dans l’anarchie ambiante. D’emblée chez eux, on sent un gros feeling anglais et une touche embryonnaire de The Clash. Mais on peut également évoquer les Canadiens de Billy Talent pour la ferveur. Avec des riffs minimalistes (mais ultra efficaces), leur musique ressuscitée partage avec leurs prédécesseurs un point commun : L’énergie ! Le résultat est un joyeux bouillonnement aux références les plus glorieuses, et bien qu’ils ne nous réservent aucune surprise (et du coup ne déçoivent pas), le cahier des charges est respecté. Certains diront qu’il y a un air de déjà entendu, mais pour les néophytes ne connaissant pas cette formation, et les jeunes voulant retrouver une énergie joviale et sans fard, cet album peut être le point de départ idéal. En onze titres, la messe est dite et le quintet angevin reste la plupart du temps dans une électricité furibonde. Si on peut cependant leur reprocher une certaine linéarité, voici un opus qui rend nostalgique d’une époque lointaine qu’il m’arrive de regretter. Et que l’on soit bien d’accord, ce disque est réalisé par des habitués suivis par des ORL et sans aucun trucage. Surtout que l’auditeur lambda ne tente pas de reproduire chez lui ce qu’il aura entendu, sous peine de laisser quelques éclaboussures sur le papier peint. Bien entendu, Longueur d’Ondes déclinerait toute responsabilité.
Arno Jaffré



