Undercover
M&O Music
Avec le temps et l’expérience, on apprend à jauger la valeur intrinsèque d’un album assez rapidement, l’avis n’évoluant que très peu une fois franchi le cap des deux premières écoutes. Loin de moi l’idée de donner des leçons à qui que ce soit mais la précision me semblait importante surtout lorsque j’emploie des adjectifs que certain(e)s trouveraient exagérés. Ceci étant dit, passons à ce qui nous intéresse aujourd’hui. Relativement technique, sans être déstructuré, et solidement charpenté, Undercover regorge de passages marquants où guitare et basse alimentent l’espace sonore, tissant la trame d’un univers où cohabitent diverses influences. Les guitares, parfois rampantes, parfois légères dialoguent avec justesse tout au long des morceaux, le batteur maîtrise ses fûts avec bienveillance et le chant est juste dantesque. L’écoute de cet album donne tout simplement le sentiment de tomber sur une vraie pépite au gré d’une fouille musicale que l’on n’imaginait pas aussi fructueuse. Les Lillois réussissent une performance rare en ces temps formatés, c’est d’avoir d’emblée un style bien caractéristique et s’y tenir sans forcément se répéter à l’infini. No Sleep Till Dawn nous présente ainsi dix titres ambitieux guidés par un instinct démonstrateur d’un talent qui ne trompe pas. L’étiquette Stoner Metal restant pour l’heure bien trop sage pour eux, le trio nous propose en supplément tout ce qu’il faut pour évoluer en haute altitude. Magistralement orchestré, ce qui séduit le plus dans cet opus, c’est la capacité qu’ils ont de nous faire voyager sans escale en ne sacrifiant jamais leur fond de jeu. Ces trois musiciens, en quête de faire un bon disque, s’en sortent divinement bien et atteignent directement le podium de la catégorie. Aucune faute de goût n’est à déplorer et mes conduits auditifs leur disent merci.
Arno JAFFRÉ
<



