Enghien Jazz Festival, du 3 au 6 juillet 2025

Blandine Harmelin vous êtes la directrice du festival Enghien jazz festival et aussi la DA du groupe Barrière C’est vous qui avez pensé ce festival ?
« C’est le groupe Barrière qui l’a pensé. Nous sommes partenaires avec la ville d’Enghien sur cet événement. Le groupe Barrière et le casino ont eu l’idée de cet événement. Nous avons intégré le festival dans l’architecture de la ville avec le lac. J’en suis la directrice et assure la programmation.
Comment avez-vous pensé à un festival jazz ?
« Il y a une appétence particulière du groupe Barrière pour le spectacle vivant. Nous avons été pendant longtemps partenaire des Francofolies. Nous sommes aujourd’hui toujours partenaires des festivals de films de Cannes, Deauville, Biarritz… Et nous avons une fondation qui soutient la création cinématographique. Nous sommes à la source de la création. »
Ce festival est à Enghien. Ce n’est pas un hasard.
« La ville était partante pour le faire. Enghien a toujours été une ville de création artistique. Il y avait des ballets ici. Les artistes venaient car c’est une ville thermale idéale pour soigner leurs voix. J’ai été assez traditionnelle au début, avec Dave Brubeck, Herbie Hancock… J’ai eu ensuite l’envie de développer le festival. On a monté une scène flottante sur le lac. On pense souvent qu’un festival gratuit c’est facile mais ça ne l’est pas. Nous sommes allés vers une musique festive en accueillant des artistes très connus et d’autres moins. »
Dans votre festival vous mêlez jazz et d’autres styles.
« On programme cette année les Buttshakers. Le jazz est une musique vivante. On peut programmer des artistes blues ou rhythm and blues. On ne peut pas rester à une programmation uniquement jazz. Nous avons envie de mélanger les genres. Dave Brubeck jouait du jazz qu’il mêlait avec du classique. On a envie de ce mélange. Cette année nous mettons aussi en avant les femmes artistes. Le jazz est une musique libre. Sans être dans un esprit de combat c’est bien d’avoir des femmes en évidence. »
C’est dans cet esprit que vous avez UB40 cette année ?
« Je ne connais pas leur histoire mais le reggae vient du jazz. The Avener, c’est pareil. Aloe Blacc c’est exactement ce que j’aime, cette soul actuelle totalement digérée et repensée. »
Les festivals jazz s’ouvrent, comme vous-mêmes, de plus en plus à d’autres genres musicaux.
« Les programmateurs s’ouvrent de plus en plus, ce qui est bien, mais on réfléchit aussi à ce qui est possible ou non. Il y a des gens qui nous disent ce n’est pas jazz et nous leur disons « oui et alors ». Je peux comprendre les remarques car nous ne sommes pas un festival jazz puriste. »
Vous avez aussi des gens qui viennent voir les concerts presque par hasard.
« Tout à fait. Nous avons des gens qui se promènent dans Enghien et s’arrêtent pour écouter les concerts. Il y a une belle ambiance. Il fait beau. Cela donne un climat plaisant et propice à la découverte. »
Le festival est à la fois gratuit et payant.
« En extérieur tout est gratuit. Nous ne faisons que deux concerts payants, ceux qui sont dans le théâtre. Avec une participation nous pourrions aller plus loin. Quand nous demandons aux festivaliers vous voudriez qui et qu’ils nous répondent Sting, avec notre budget nous ne pouvons pas. »
Vous avez à la fois des artistes français et étrangers.
« Oui c’est important pour nous. J’essaie toujours d’avoir des Français dans la programmation. »
Ibrahim Maalouf ouvre le festival ce jeudi.
« Tout à fait. Nous en sommes très heureux. C’est fabuleux qu’il ait accepté de jouer dans un si petit théâtre. Nous aurions pu faire dix dates au théâtre avec lui. »
Texte : Pierre-Arnaud JONARD