La belle relève de la chanson française
Le premier EP de Nina Battisti vient tout juste de sortir. Ce Cabaret des Pleurs très réussi risque d’imposer cette jeune chanteuse comme un grand espoir de la chanson française.
Nina Battisti est partie de Corse à l’âge de 17 ans pour Paris sans penser vraiment à une possible carrière musicale : « J’ai grandi en Corse. J’ai voulu découvrir autre chose sans savoir si je voulais faire de la musique de manière professionnelle, même si je faisais du piano depuis mes six ans et que je composais depuis mes huit ans. J’ai toujours aimé composer. A Paris, je me suis inscrite au Cours Florent musique et me suis remise au Conservatoire. J’ai construit mon projet petit à petit en devenant amie avec d’autres artistes. On s’entraide les uns les autres. Ma base musicale est le piano classique. Cela m’inspire pour mes compos. »
Avec cet EP Nina Battisti a trouvé une voie très intéressante entre chanson et pop « moderne » : « C’est effectivement un mélange des deux. J’aime Juliette Armanet comme Angèle ou Véronique Sanson et Barbara. J’écoute un peu de tout. J’aime M, l’électro, Françoise Hardy, Vanessa Paradis, Michel Berger… J’aime particulièrement quand les textes sont en français. »
Nina Battisti parle dans ce disque de la vie d’une jeune femme de vingt ans aujourd’hui, de ces petites angoisses, de son spleen post-adolescent : « Tous mes morceaux c’est moi. Il n’y a pas plus sincère que cet EP. Ces chansons m’ont permis d’exorciser les choses. “Je ne vais pas bien”, par exemple, est un morceau qui reflète une certaine période de ma vie. J’espère que ce titre résonnera chez certaines personnes. Je peux aussi écrire des titres humoristiques comme “La télévision” qui apporte une certaine légèreté. J’aime bien avoir cette contradiction dans mes morceaux entre mélodie joyeuse et texte triste ou l’inverse. »
Quand on pense à piano-voix dans la chanson française on pense forcément à Sanson et l’ombre de Véronique plane parfois sur cet EP sans que celle-ci ne soit pesante car Nina Battisti a bien digéré ses influences : « Je n’écoute pas de musique avant de composer. Mais ce que j’écoute dans mes écouteurs c’est souvent Sanson. Ses piano-voix sont exceptionnels. Je la cite dans “La Télévision” tant elle et Françoise Hardy m’influencent. »
Nina Battisti, comme souvent pour les artistes aujourd’hui, débute sa carrière avec un EP ce qui ne l’empêche pas de penser à un possible album dans le futur : « Avant l’album je ferai sans doute d’autres EP. J’ai sorti un EP après avoir vu que mes premiers singles étaient suffisamment écoutés. Pour le moment je n’ai que des retours bienveillants. L’album mûrit dans ma tête mais je vais aller à mon rythme. Je suis en auto-production mais je ne suis pas fermée à signer un jour sur un label. »
Le Cabaret des Pleurs – Auto-production
Texte : Pierre-Arnaud JONARD – Photos : Loana DURON