La Sirène (La Rochelle), 6 avril 2025
C’est une fois de plus dans une salle pleine que le concert va se dérouler ce soir dans la salle près du bassin à flot de La Rochelle. Après une mise en jambe plutôt agréable avec le set de David Shaw and The Beat, duo electro pop qui a su faire monter la température, vers 21h30 les Catalans arrivent sur scène. Pour cette tournée, difficile d’emmener avec eux Bobby Gillespie ou Bertrand Belin, présents sur le dernier album, Faded, mais le couple le plus rock de France a encore une fois su bien s’entourer : Keith Streng (Fleshtones) à la guitare, Tom Gorman (Kill the Young) au chant, Clémence Lasme (Lucie Antunes) à la basse et le fidèle Alban Barate aux claviers. Et compte-tenu de ce qui allait suivre, 6 personnes sur scène ce n’était pas de trop…
Comme sur le dernier album, c’est “Spirale” qui ouvre le show, instrumental psyché à souhait qui permet de découvrir la scénographie à base de projections sur écran convexe au fond de la scène qui semble vouloir étreindre les musiciens. Parfait entrée en matière pour permettre au public de monter dans le vaisseau Limiñanas, parti pour deux heures d’un voyage cosmique. Puis, toujours dans l’ordre du disque, vient “Prisoner of Beauty”, normalement chanté par Bobby Gillespie, suppléé ce soir par Tom Gorman qui tient parfaitement la comparaison avec le chanteur de Primal Scream. Impression renouvelée quelques instants plus tard avec “J’adore le Monde”, initialement interprété par Bertrand Belin.
Question scénographie, tout est en place, Keith Streng fait le show en montant sur les baffles, donnant des coups en avant avec des jetés de jambe, dans une attitude terriblement rock’n’roll qui ne fait pas oublier sa virtuosité, souvent démontrée à travers des solos de très belle facture. À l’autre bout de la scène, Tom assure le chant avec une posture qui n’est pas sans rappeler celle d’un Liam Gallagher, attrapant dans le dos son bras gauche avec son bras droit, légèrement penché sur son micro. Au centre, Marie, métronome qui ne quitte ses fûts que pour venir chanter sur une ou deux chansons, comme sur “Je m’en Vais” sur laquelle nous reviendrons, avec à côté d’elle Alban Barate et ses claviers vintage ainsi que Clémence qui assurera remarquablement sa partition de bassiste, apportant un réel plus rythmique à l’ensemble. Et bien sûr, Lionel, tout de noir vêtu, histoire d’être raccord avec ses guitares.
Les titres s’enchainent, parmi lesquels les classiques du répertoire que sont “Je ne Suis pas Très Drogue”, “Malamore”, “Shadow People”, “Istanbul’s Sleepy”, “The Gift”… Pas de temps morts évidemment, mais surtout des moments de pur psychédélisme (et de délectation) comme sur “Je M’en Vais”, déjà évoqué, joué dans une version tellement irréelle que l’on se demande si l’on est pas face à des hallucinations, effet renforcé par les projections sur les écrans géants en fond de scène. À ce moment, aucun doute, l’esprit de Syd Barrett planait bien au-dessus de La Rochelle… À noter également trois reprises au sein de la setlist, témoignant des attaches musicales de Lionel Limiñana : “TV Set” des Cramps, “Rocket USA” de Suicide et “What Goes On” du Velvet Underground. Ce titre sera l’avant-dernier du set, le soin de clore le concert étant dévolu à “Vaduz”, dans une version tout aussi planante et haut perchée qu’avait pu l’être “Je M’en Vais” quelques minutes auparavant, parachevant de la plus belle manière qui soit deux heures de pur bonheur.
Texte : Xavier-A. MARTIN – Photos (prises au Rocher de Palmer, Bordeaux, le 3 avril 2025) : Jessica CALVO

























