Je t’aime (+ Denuit)

iBoat, Bordeaux, 5 février 2025

 

Pour cette soirée en bateau sur le bassin à flot de Bordeaux, il était de bon ton de se vêtir de noir pour accueillir les deux groupes à l’affiche du jour : Denuit et Je t’aime.

 
 
 

Après un très bel album, Black Sun en 2021, le duo sudiste de Denuit composé de Lisa et Ivi s’apprête à sortir un nouvel opus, LOVE Violence, dont certains morceaux – déjà dévoilés sous forme de clips – ont été joués durant le set, présageant une nouvelle fois d’un très beau disque. Si l’on peut parfois reprocher aux duos une prestation scénique moins forte que celles que peuvent proposer des combos plus fournis, la réserve ne peut aucunement d’appliquer avec le set que Denuit a proposé ce soir-là. L’énergie déployée par Ivi derrière ses machines et la présence de Lisa font que l’on oublie rapidement qu’ils ne sont que 2. La topologie des lieux aide sans doute à cet échange avec le public, d’autant plus que la chanteuse n’hésite pas à venir au plus près dès que l’occasion se présente, dans une sorte d’invitation à une communion païenne aux sons synthétiques d’une musique que les deux musiciens qualifient eux-mêmes de “night-wave”, ce qui convient parfaitement à leur style, darkwave dansante et incantatoire. Au final, on n’aura pas vu passer le temps de cette première partie qui aura pleinement joué son rôle avant que Je t’aime ne prenne possession de la scène.

 
 
 

Les 3 Parisiens sont précédés d’une solide réputation scénique qui ne va pas se démentir ce soir. Si le line-up a récemment changé, le guitariste Tall Bastard ayant été remplacé par Little Bastard, Baptiste à la ville, il n’a nullement affecté l’équilibre parfait des sets du trio post-punk, construit sur trois personnalités différents mais finalement parfaitement complémentaires. C’est sans doute pour cela qu’il ne leur a pas été possible de faire moins de 3 éditions de pochette pour leur nouvel album, Useless Boy, chacune figurant l’un des musiciens. Ainsi, pas de jaloux et une belle opportunité offerte aux collectionneurs de disques de remplir leurs étagères. C’est avec le titre qui donne son nom au disque que le groupe ouvre le set, évitant à tous un round d’observation sans doute inutile permettant d’atteindre dès les premières mesures un rythme de croisière plutôt élevé qui ne faiblira pas jusqu’à la dernière note, quelques 80 minutes plus tard. La setlist est un condensé des meilleurs titres de leurs albums, faisant la part belle à leur dernier opus au début du set (“Useless Boy”, “Whispers”, “When Dreams Cease”), puis à Passive (“Blood On Fire”, “Give Me More Khol”, “Dirty Tricks” et enfin un sublime “Marble Heroes”) et à son disque miroir, Agressive (“Winter Lake”, “Kiss The Boys”), non sans que dBoy le chanteur nous ait gratifié entre-temps d’une énorme prestation sur un “NightCrawler” d’anthologie ainsi que d’un superbe “Letter From Hell”, tous deux issus du dernier album, Useless Boy. Et pour le rappel, quoi de plus normal que de revenir à ses premières amours, avec des titres extraits de leur premier album homonyme. Au final, un concert qui ne fait que réaffirmer tout le bien que l’on pensait du trio qui une fois de plus aura réussi à faire danser les goths (voir article dans le magazine Longueur d’Ondes n°104), bordelais cette fois.

 

Texte : Xavier-A. MARTIN // Photos : Jessica CALVO