Bandeau Longueur d'Ondes n° 101

LA MAISON TELLIER ET FRIENDS JOUENT “HARVEST”

Le Cent Quatre, Paris (75), le 31 mai,

Le concert de La Maison Tellier au Cent Quatre sur Longueur d'Ondes

Prévu en février dernier, ce concert avait dû être repoussé à cause de la grève d’une partie du personnel à l’époque. On est très heureux que l’événement puisse finalement avoir lieu. Il aurait été en effet fort dommage de rater cela car la Maison Tellier ne s’est pas contentée comme on va le voir de simplement reprendre Neil Young mais de le transcender.

La mise en bouche avant le plateau Harvest voit les normands nous offrir quatre excellents morceaux du Loner : l’incontournable “Ohio”, le très beau “Winterlong” repris en son temps par les Pixies, “I Believe in you” et “Vacancy”.

Puis c’est le plat de résistance avec Harvest joué par le groupe et leurs invités. Il faut avoir un certain culot pour s’attaquer à un monument comme Harvest, le disque de Neil Young que tout le monde possède. La Maison Tellier le fait avec brio entourés d’invités de marque comme Albin de la Simone aux claviers, Ysé Sauvage et Pauline Denize aux cordes et Arman Méliès à la guitare. L’idée d’inviter en plus un ou une chanteuse sur chaque titre de cet album culte s’avère une idée de génie : Baptiste W. Hamon met d’emblée la barre très haute tant sur ses parties vocales que celles d’harmonica sur “Out On The Week end”. La voix de Lonny se marie parfaitement à la country folk du morceau “Harvest”. Le duo Emily Loizeau, Helmut Tellier fonctionne à merveille sur “A Man Needs A Maid” avec de superbes arrangements retravaillés pour l’occasion. Emily Loizeau reste sur scène pour “Heart of Gold” l’un, si ce n’est le morceau le plus connu de Neil Young. Un titre casse gueule donc mais l’interprétation faite par la chanteuse s’avère parfaite.

Baptiste W. Hamon est une nouvelle fois très juste sur “Are you ready for the country”. On a d’un coup l’impression de partir pour un long voyage dans l’ouest américain. La version qu’offre Pi Ja Ma de “Old Man” est absolument merveilleuse, son timbre de voix se mariant parfaitement à ce qui constitue l’un des meilleurs morceaux de cet album mythique.

“Alabama” est l’un des grands moments de la soirée avec un Samy Decoster en très grande forme. Son chant sur “Needle and damage done”, peut-être le plus beau morceau de l’histoire de la musique sur l’addiction à l’héroïne se révèle tout en émotion. “Words” conclut, pense-t-on à ce moment-là, la soirée avec de brûlants solos de guitare de Arman Méliès.

Heureusement la fin n’arrive pas de suite. La Maison Tellier revient pour nous offrir trois classiques de Neil Young : “Tell me Why”, “Cinnamon Girl” et “Down by the River”, fabuleux morceau qui voit tous les invités revenir sur scène et nous en offrir une version à l’égal de l’originale.

Au final un très beau moment, des musiciens ultra talentueux, des invités inspirés, un public chaleureux : une excellente soirée et un très bel hommage au Loner.

Texte: Pierre-Arnaud JONARD

Photos: Nathalie LE CREFF et Pierre-Arnaud JONARD

>Site de La Maison Tellier

 

ARTICLES SIMILAIRES