Grand Rex,Paris, 09 mars 26

C’était au tour du Grand Rex d’accueillir l’Imperator Biolay pour continuer à défendre sur scène son Double Bleu dont nous vous chantions les louanges dans le numéro 108, désormais sold out, comme le concert d’hier nuit.

Dans l’ambiance feutrée de ce gigantesque salon parisien, le chanteur belge Teddy Bear entame une première partie appréciée, accompagné de son guitariste et de ses séquences. Si l’on peut dans un premier temps redouter la pesanteur d’un slam Grand Corps Malade, la musicalité et la hargne de cet artiste qui truste les premières parties de Souchon, Clara Luciani ou Feu Chatterton laisse augurer d’une équivalence masculine de Zaho de Sagasan. Il y a pire comme référence.
Lorsque nous évoquions avec lui, dans le numéro précédent, ses débuts d’albums toujours calmes, Biolay assumait de vouloir accueillir son public dans sa chambre. Là, c’est son salon qu’il reconstitue sur scène pour un Unplugged chaleureux et cosy aux antipodes de ceux lugubres et dramatiques de Nirvana et Alice In Chains.
Lorsque commence le concert de Biolay, on est pris d’un vertige mental : au vu de sa discographie, sa setlist est forcément imprévisible pour qui ne googlerait pas d’impatience. Premier constat : c’est bien Le Disque Bleu qui se taillera la part du lion aux côtés de reprises joyeuses de “Couleur Café”, “Les Passantes” et du “Jardin d’Hiver” composé pour Salvador.
Si l’homme n’est pas sans accuser une certaine raideur sur scène, il compense par une communication sincère avec son public : blagues foireuses, autodérision, aveu de son trac et quelques pas de danse sur la fin accompagnent un set carré rythmé par David Donatien et porté par les harmonies vocales de la violoniste solaire, Gladys Ledoux Doukhan. Deuxième constat : Biolay chante bien et sa voix, débarrassée des graves de sa production, est même plus agréable sur scène qu’en studio. Si aucun invité ne viendra tailler le bout de gras avec lui, les grands moments de cette prestation seront un “Miss Miss” et « La Débandade” d’une grande élégance, une très belle version d’ “Adieu Paris” et un enchainement royal avec des intros retravaillées de “La Superbe” et “Ton Héritage”.
Le rappel permet enfin de dégainer les guitares électriques pour des impitoyables “Soleil Profond” et “Comment est ta peine ?”. Humble, heureux et enfin détendu, Biolay reste sur scène pour l’outro “Nunca Es Sufficiente” de Los Ángeles Azules avant de disparaître en ombre chinoise après tous ces mots bleus, ceux qui rendent son public heureux.
Texte : Bruce Tringale – Photos : Olivier Perez (1) Bruce Tringale (2)




