aurore sur Montreal

Du 14 au 22 juin 2019 à Montréal (Québec).

MÉTÉO : Variable entre soleil caché et pluie pour la moitié du festival et chaleur pour l’autre moitié. Dommage que seule une scène extérieure soit couverte…

 

Parapluies

LES PLUS :
L’éclectisme de la programmation qui reste fidèle au francophone et ne tombe jamais dans la variété cheap. Pourvu que ça dure !
La profusion des scènes et la rigueur des horaires : un must dans ce genre de grand rassemblement !

scène

LES MOINS : Montréal ville en perpétuels travaux ne s’arrange pas cette année ! Le quartier des spectacles et la rue Ste-Catherine, lieux du festival, sont criblés de trous et de travailleurs en jaune qui bossent quasi jour et nuit. Pas de trêve pour la musique, trottoirs amputés, détours constants, nuages de poussières partout, de quoi décourager le spectateur le plus fidèle. Un handicap de taille pour les Francos !

SIGNÉ MONIQUE : Pour le premier concert et tremplin d’ouverture du festival, Monique Giroux, animatrice vedette de Radio Canada, invite de nombreux artistes découvertes sur LA scène couverte des Francos, celle des Brasseurs de Montréal. Ambiance chaleureuse et conviviale malgré le froid et le crachin ; Cyril Mokaiesh ouvre le bal de sa prose française délicate et engagée. Suivent la tendre et fraîche Eli Rose, le joli duo Safia Nolin et Pomme, le guitariste-chanteur Dumas, Luc de la Rochelière, Tire le Coyote ou encore l’énergique rappeur Acadien Jacobus. La plupart des artistes présentés auront leur propre scène durant le festival…

 

Dumas chez Monique Giroux
Cyril Mokaiesh chez Monique Giroux

Jacobus chez Monique Giroux

Tire le Coyote chez Monique Giroux

 

ANTOINE LACHANCE : Le jeune Québécois présente sur scène des morceaux issus de ses deux albums. Malgré un temps couvert et des textes parfois tristes, il emporte le public par ses airs rock.

Antoine Lachance

CHERRY CHÉRIE : En voilà une équipe de gars plein d’énergie ! Chemises à fleur, cheveux longs et saxophone baryton, le gang balance un rock aux teintes funk et tropicales, qui donne envie de danser. Juste un problème : le nom du groupe… (sic)

Cherry Cherie

ALICE ET MOI : Scène Bell, la jeune Française débarque, dynamique, entourée de ses quatre musiciens. Petit bout de jeune femme à casquette de rappeur, elle saute partout et diffuse sa pop électro avec entrain.

Alice et moi

ARIANE MOFFATT : L’une des grandes figures pop-groove au Québec, une icône pour tous les Montréalais qui connaissent sur le bout des lèvres ses plus grands titres. Ariane s’entoure d’une quinzaine de musiciens sur scène, dont une grande section cuivres, des cordes, des chœurs et ses propres musiciens de tournée. Un grand show qui se clôture avec un titre incontournable : “Montréal”.

Ariane Moffatt

CYRIL MOKAIESH : Avec sa voix charmante et ses textes engagés, mélancoliques et poétiques il transmet beaucoup d’émotions à un public prêt à l’écouter. Il en joue d’ailleurs en adoptant des postures dramatiques et renforce son personnage. Une ode à la jeunesse, un hommage au Bataclan, il fait chanter doucement et en chœur le public. Au moment où la pluie se décide à tomber, le Français ne se dégonfle pas et renchérit sur des morceaux optimistes et contestataires. Et finalement, c’est un beau moment.

Cyril Mokaiesh

CARACOL : La pluie ne promettait pas une foule en délire. Et pourtant, la Québécoise débarque motivée, coiffée de nattes roses. Avec des jeux de voix, de loop, de basses et tambourins, elle propose des morceaux électros, timides et délicats, en contraste avec son style osé et street.

Caracol

THÉRAPIE TAXI : Délire autant sur scène que dans la salle, le trio plus deux musiciens se donnent à fond et transforment le Métropolis-Telus en dancefloor en deux temps, trois mouvements. Les hits s’enchaînent, la foule danse, chante, s’éclate, on a même droit à un nouveau titre, où il est question de rouge à lèvres pour messieurs, qui figurera sur le prochain album. Ils offrent même du whisky à la bouteille au public…

Therapie Taxi

FOUKI : Avant même que le Zayman débarque sur scène, le public l’acclame et brave la pluie qui a tenue toute la soirée. Il s’élance, entouré de danseurs, et ambiance le public de son rap québécois festif, parsemé de jaune violet et dessins animés. Digne d’un festival réussi, les pogos et ballons gonflables sont au rendez-vous. Il invite Koriass et Lord Esperanza sur scène, et laisse son public en haleine, qui n’attend que “Gayé”, son morceau phare. Bien que peu connu il y a un an, le jeune rappeur fait désormais partie des grands noms de la scène québécoise. Et la Place des Arts en est un bel exemple, décorée de parapluies, cirés jaunes et ponchos de toutes les couleurs. Les fans comme les curieux, tout le monde est là pour un show « malade ».

Fouki

 

LE PRIX FÉLIX LECLERC  a été attribué, pour le côté québécois, au chanteur Les Louanges qui a présenté son nouvel album La nuit est une panthère devant une salle conquise et ravie. Et c’est Cléa Vincent qui a empoché le Prix, pour le côté français.

NOÉ TALBOT : Ce qui semblait être de la folk tranquille se transforme en rock tout aussi agréable. Noé dédie son set à une amie récemment décédée et enjoint le public à profiter de la vie. Les chansons sont agréables, il prône la positivité, l’ouverture d’esprit (son tee-shirt  »Refugees Welcome » en atteste), salue ceux qui sont là pour aider les autres. On apprécie cette belle philosophie de vie et cette énergie qui donne à coup sûr le sourire. (On regrette cependant un peu le son du micro pas assez fort parfois, la voix de Noé se faisant couvrir par les musiciens.)

Noe Talbot

PIERRE LAPOINTE : Ce sont les deux dernières représentations de “La science du cœur” mais en version symphonique. Et ça démarre avec un constat tellement réaliste : “Qu’il est honteux d’être humain. Col roulé blanc sur costume bleu classique, Lapointe est d’une sobriété inhabituelle malgré quelques pointes d’humour par-ci par-là. Bien que le tout reste sublime et que l’Orchestre Métropolitain habille à merveille ses titres, on le sent en petite forme…

MÉLANIE VENDITTI : Avec ses intonations plutôt aiguës, Mélanie enchaîne au violon et à la guitare comme si de rien n’était. Si sa voix parfois se dérobe, la jeune chanteuse captive quand même la foule venue l’écouter. Ses textes donnent dans une certaine langueur qu’elle assume et dont elle raconte la genèse.

Melanie Venditti

LES HOTESSES D’HILAIRE : Psyché et barré à la fois, dénonciateur et hilarant, leur opéra-rock a évolué depuis son lancement au Coup de Cœur Francophone de novembre dernier… Une réussite acadienne de qualité !

Les Hotesses d Hilaire

FOÉ : Un sampler, un clavier et une batterie : il n’en faut pas plus à ce jeune Toulousain pour embarquer le public dans son show. Sa tenue customisée porte des flammes et quelques messages tel que « Le temps court  ». Ça vous pose un personnage ! Sa voix, grave, qui s’engouffre dans les basses donne un vrai sentiment de profondeur à ses mots. Ça marche, il suscite la curiosité des Montréalais venus en nombre devant la scène, et qui se mettent à danser ! C’est une bonne surprise. La scène en solo lui va bien.

Foe

ÉTIENNE FLETCHER : Entre français (majoritairement) et anglais (parfois), on se balade sur un pop-rock entraînant. Sur la scène ça s’amuse, ça communique et les sourires des membres du groupe sont contagieux. Dans la foule (et il y a du monde), on se déhanche discrètement. Tantôt joyeux, tantôt mélancolique, Étienne sait faire voyager d’une bien belle manière.

Etienne Fletcher

LUDWIG VON 88 : On ne les attendait pas. On les pensait vieillis et penchés sur le passé. On les retrouve avec un nouveau disque, enjoués, sautillants, festifs et chaleureux. Ils se moquent gentiment du temps qui passe et mettent le feu deux soirs de rang au Club Soda. Le punk des eighties a encore des fans ! Un grand moment du festival.

Ludwig von 88

ANTOINE CORRIVEAU : C’est coiffé d’un étrange et géant sombrero à pompon qu’il arrive sur scène. Avec sa voix grave et cassée, il délivre des chansons aux accents rock et profond, voire triste.

Antoine Corriveau

DEAR DENIZEN : Sur des sonorités du Congo, il fait danser et réagir le public qui tombe sous le charme ! On s’amuse, se trémousse, on veut participer à ce moment qui donne le sourire. Un peu de bonne humeur fait du bien.

Dear Denizen

HUBERT LENOIR : Maquillé à la Kiss, l’idole des jeunes filles en fleur qui hurlent tout au long du show ressort les recettes des 80’s, certes avec panache, mais de là à en faire un mythe… restons calmes.

Hubert Lenoir

 

POPULAIRES & FESTIFS : Les Francos brassent tous les styles, y compris les plus rassembleurs:

ANDY SAINT-LOUIS : Sous ses airs de petite fille rouquine en robe à fleurs, la Québécoise déborde de peps et d’énergie ! Après une très belle reprise de “La bohème” d’Aznavour, elle transmet son air jovial au public, avec un concert interactif qui donne le sourire. Bavarde et rigolote, elle raconte sa vie au public, et l’invite à chanter sur des airs de chansons de village.

Andy St Louis

Avant le show, devant la barrière de sécurité s’attroupent déjà plusieurs jeunes qui attendent le début du concert avec impatience. C’est SARAHMEE qui commence : on part sur du rap avec la voix parfois auto-tuné. Deux danseuses sont là pour assurer derrière l’artiste. Les textes, faits pour la jeunesse, marchent clairement sur la cible.

Sarahmee

FWONTÉ : habillé en orange, un drapeau haïtien autour de la tête, le Québécois et Haïtien débarque pour la première fois aux Francos, plein d’enthousiasme. Sous ses airs de Maitre Gims, il fait danser le public en proposant une musique aux rythme d’Haïti et aux airs d’Afro-trap. Sa DJ et ses danseuses occupent la scène avec énergie et sourire. Et le public sourit.

Fwonte

TIZZO est le plus attendu : là encore, du rap pour la jeune génération.

Tizzo

 LES FRÈRES À CH’VAL : En fin de soirée, quoi de mieux qu’un peu de rock country ? Les papis québécois du rock font crier banjo, violon, harmonica et autre accordéon. Ils tapent du pied et font sauter le public, pour une belle fin de soirée.

DANIEL BOUCHER : Les spectateurs sont nombreux devant la scène avant l’arrivée de l’artiste : ça donne le ton pour le show ! C’est en effet un retour aux Francos après des années d’absence (au festival). Moyenne d’âge des spectateurs : 30-40 ans qui connaissent les paroles (que des tubes ici), les reprennent en chœur, sont ravis du show qu’ils voient. Et c’est réciproque : on sent le plaisir de Daniel à être là !

Daniel Boucher

JOSEPH EDGAR : L’Acadien est en veste doré à paillettes et chapeau ornée de fleurs ce soir ! Sa musique (avec double percussion) reste fougueuse, rock et le public suit !

Joseph Edgar

SALEBARBES : Costumes, cravates et nœuds papillons sont au rendez-vous pour ce moment cajun ! Le public est massivement présent, et réagi aux airs enjoués des violons. Moyenne d’âge 40 ans principalement. Ici pas de chanteur leader, chaque membre à son importance et donne de la voix. Même les instruments s’échangent ! Les textes sont plutôt comiques. Ce groupe détonne dans la programmation, ça fait du bien ! Leur présence scénique est au top, ils communiquent entre eux et affichent clairement une bonne humeur qui enflamme les spectateurs ! Notons que deux Suroît font partie du groupe…

Salebarbes

BLUE JEANS BLUE : Avec leurs airs de cowboys, ils sont sans aucun doute le groupe le plus drôle de ces Francos. Impossible de ne pas sourire constamment, ni de ne pas rire. Des  »Ailes de poulet » à  »Trop chaud pour la coquetterie », en passant par  »Sièges en cuir », le ton est donné. Les musiciens sont bons, vraiment bons. Le cocktail est explosif, la bonne humeur entre les membres du groupe est plaisante à voir et contagieuse. Tout le monde danse, chante, tape du pied… C’est un carton plein !

SAFIA NOLIN : Musiciens sous des masques argentés, Safia est caché derrière un triangle opaque. Elle chante, mais c’est une drag en playback qui fait le show devant. Elle rejoint d’abord le devant de scène avec une cagoule noire, puis se découvre enfin. Les duos s’enchaînent et les voix se mêlent parfaitement bien : Pomme, Patrick Watson, Kroy. Le public connait, chante, réagi, acclame la chanteuse. L’esplanade de la scène Bell est remplie, c’est mérité.

Safia Nolin

PALATINE a débarqué hier soir ; vive le concert en jetlag ! Belle énergie sur scène, les musiciens communiquent entre eux et se défient dans leur solo. Textes et mélodies donnent dans la mélancolie, le public est assis dans l’herbe et se laisse bercer. Chaque membre du groupe semble danser avec son instrument, qui devient un partenaire de choix.

Palatine

LAURENCE ANNE : La scène est fleurie, les instruments aussi, petit air des Caraïbes. L’intro est longue, trop longue. Pléthore d’instruments sur scène, parfois aussi décalés que l’ambiance qui se dégage du groupe, mêlés à des sons électroniques et de bruits de nature. On ne comprend pas toujours bien ce qui se passe. Une expérience étrange, mais les adeptes sont présents, et en nombre.

Laurence Anne

BENOIT PARADIS : En trio rose et noir, trombone, semblant de percussions et contrebasse, voilà un OVNI québécois ! Quand le frisé à lunettes chante « Faut qu’ça parle de cul ton affaire », tout en tapant tel un enfant sur sa caisse claire, ça n’a plus de sens. Sous ces airs jazzy et complètement déjantés les textes délirants, il offre un joli duo trombone clarinette basse qui enchante la salle. De quoi passer un bon moment !

Benoit Paradis

RAYANNAH : Jeune francophone tout droit venue de Winnipeg, Manitoba, Rayannah revient à Montréal après y avoir lancé son premier album en avril. Vêtue d’une cape transparente rosée, elle balance sa délicate et osée pop électro. Humble et timide, sa musique fait voyager. Ses voix travaillées et autres effets sonores font l’effet d’une pause dans le temps.

Rayannah

ORÉ : Jeune femme rappeuse, qui se balade sur la scène et prend l’espace. Dès ses premiers mots, elle emballe les curieux qui sont venus s’attrouper. Contraste : sa petite voix laisse place à un flot ininterrompu de paroles. Ne vous fiez donc pas à son air enfantin, car Oré n’a aucune barrière dans ses textes souvent drôles (« Qu’importe le garçon pourvu qu’on ait l’ivresse »). L’un de nos coups de cœur du festival !

Ore

ANATOLE : Possédé sur la scène – ou par la scène – l’énergumène rock se déhanche, vit sa musique à fond. Ses musiciens sont tout aussi investis que lui. Le spectacle devient autant sonore que visuel. Il descend de la scène et va aussi loin que son micro filaire l’y autorise ; il joue avec ses musiciens, leur saute dessus, et tous s’en amusent. Les spectateurs sont conquis par la performance générale qui redonne la pêche ! Une belle folie contagieuse.

Anatole

SANS PRESSION : Le public est massivement présent pour le concert rap du groupe qui est iconique ici. Ça chauffe les spectateurs, les fait participer et scander les paroles. Étonnant : la présence d’une violoniste sur scène pour accompagner les deux chanteurs. Ça détonne avec le style, on ne l’entend pas bien parfois, mais a d’autres moments ça matche bien ! La foule en tout cas est ravie, essaye d’attraper les tee-shirts qui sont jetés. Elle est étrangement sage – comparé à la jeunesse présente à Fouki – ici on apprécie le moment en sautant sur place, mais pas sur les autres !

Sans Pression

BON ENFANT : Entre pop et rock ce nouveau quintette composé de membres de Ponctuation, de Canailles et d’Alex Burger porte bien son nom, on écoute ça avec plaisir.

Bon Enfant

CHASSEPAREIL : Groupe folk au look néo-hippie. Les voix des 3 chanteurs s’accordent parfaitement, chacun dans leur tonalité. On pense à Beau Dommage ou Harmonium… L’utilisation de la flûte traversière et de la contrebasse donne des airs celtiques aux chansons.

Chassepareil

LAURA BABIN : un peu de pop pour terminer la journée, une voix douce, parfait pour conclure une soirée de festival.

Laura Babin

LES MARMOTTES APLATIES : Bon gros rock qui tâche . Tout de rouge vêtue, les 3 garçons ambiancent le public, qui sautent partout et notamment les uns sur les autres. L’alchimie entre les 3 compères est bien là, et se transmet au public en transe !

Les Marmottes Aplaties

LA TRAVERSÉE : Pour une deuxième année, quatre artistes du Canada francophone et autant de France, accompagnés de leurs managers, ont été sélectionnés pour participer à une expérience exceptionnelle : se rencontrer, s’apprivoiser et créer ensemble un concert unique ! Un programme né grâce à l’initiative de l’École Nationale de la Chanson (Canada), en collaboration avec Le Fair (France) et Les Francos de Montréal. Ce qu’il y a d’original c’est que des volets professionnels sont prévus : rencontres, échanges économiques… Les artistes 2019 : Mike Clay (de Clay and friends), Dany Placard, Caroline Savoie, Ingrid St-Pierre, Foé, Adrien Leprêtre (de Samba de la Muerte), Oré et Lisa Portelli. Après une semaine de résidence en France à la Cartonnerie de Reims  et un premier concert à Paris, en mai au Café de la Danse, ils se retrouvent au studio B-12 à Valcourt, un lieu magique à 1 h 30 de Montréal. L’un des fils du célèbre inventeur Joseph-Armand Bombardier, fit construire le bâtiment pour sa famille par l’architecte devenu artiste peintre, Jacques de Blois. Le B-12 est maintenant une résidence créative pour artistes, gérée par son fils, Louis-Armand Bombardier directeur du label L-A be, Let artists be. Dans ce lieu idyllique les 8 chanceux sont coachés par Gaële et Jules : « On les accompagne, on apprivoise leurs univers, c’est l’humain qui prime. La création vient des imprévus, des affinités. Ils laissent de côté leurs priorités respectives pour profiter du collectif. Tout les séparent, mais finalement les rassemblent. » S’adapter, écouter l’autre, s’oublier, cette parenthèse dans le temps fait tomber les barrières.
Sur la grande scène Bell, lors de leur concert commun, ils s’accompagnent les uns les autres aux instruments et aux chœurs avec aisance. Tout coule à merveille. Les 8 voix ont trouvé comment s’accorder, c’est beau, c’est frais, une sorte de réunion de famille parfaite !

La Traversee

La Traversee en repetition

OGB : La foule est amassée devant la scène Desjardins pour un moment de rap particulier : le flot de mots est présent, mais les instruments qui l’accompagnent sont nombreux et donnent une teinte jazz-rock à ce moment. Ça marche, c’est agréable à l’oreille, on suit les rythmes avec plaisir !

OGB

LES VULGAIRES MACHINS : Pour avoir une place devant, il valait mieux être en avance devant la scène Bell. Le public est là, en très grand nombre. Après 8 ans d’absence à Montréal, c’est le grand retour du groupe punk-rock âgé de 20 ans. Arrivée de Mariachis sur la scène, ce qui semble paraître parfaitement normal pour le public. Les Vulgaires Machins prennent le relais : les amplis sont bien branchés, les guitares sonnent plus que bien et la batterie se fait plaisir. Qui a dit qu’on ne pouvait pas faire de rock en français ? Sur le devant de la fosse, ça part en pogo. Bien plus calme derrière, mais on apprécie tout autant. Le combo reprend ses plus grands succès. Tout le monde connaît les paroles, reprend les refrains. Ils étaient clairement attendus, et personne n’a manqué a l’appel… du rock !

Vulgaires Machins

JIPÉ DALPÉ : En après-midi, sur la grande scène, il a réussi à faire venir quelques personnes malgré la pluie battante. On est sur du rock assez doux, la voix est belle et bien maîtrisée. De plus en plus de gens s’agglutinent devant la scène. Moment fort “Après le crash” qui raconte sa vie après un terrible accident de voiture qui a failli lui couter la vie.

Jipe dalpe

MATIU : Du rock-folk, un chanteur auteur-compositeur-interprète autochtone de la Côte-Nord (Mani-utenam), une présence sympathique sur scène, des chansons originales, une bonne énergie, des textes accessibles et plutôt drôles : le public écoute avec plaisir réagi plus que bien.

Matiu

PONTEIX : Fier de parler Français, Mario Lepage a choisi Ponteix comme nom du groupe car c’est un village de la Saskatchewan qui a gardé le français en langue « principale » contrairement à beaucoup d’autres villes de la région. Le sampler, utilisé a bon escient, permet de rythmer et enrichir ses mélodies qu’il délivre avec joie Au chant, à la guitare, aux claviers en même temps, Mario gère sans se laisser déconcentrer. Reprise de Charles Aznavour : le tempo est plus lent, l’ambiance qui se dégage de la chanson n’est plus la même, réinventée.

Ponteix

86 ANS : La plus franco des Anglaises, Petula Clark est là, impeccable du haut de ses 86 printemps pour présenter… son nouvel album !!! Elle l’a enregistré à Montréal sous la houlette de Louis-Jean Cormier et Antoine Gratton, excusez du peu ! Un formidable moment à la fois bouleversant et drôle car la grande dame a gardé, en même temps que sa voix, un humour parfait. Quelle classe, quelle leçon !

MILANKU : 3 guitares électriques, une basse et une batterie, le groupe de métal par excellence. De longs morceaux à 80% instrumentaux, avant que le chanteur ne vienne ajouter son cri du cœur. L’ensemble ne réinvente pas le genre mais les mélodies sont bonnes, maîtrisées et entraînantes.

ÉCHAPPÉE BELLE : Profitant des quelques moments de libre, on décide de découvrir Habitat 67,  l’un des superbes bâtiments construits pour l’Exposition Universelle de 1967 transformé à ce jour en habitation de luxe. Conçu comme une mini-ville par le génial Moshe Safdie, ce lieu étonnant se visite désormais comme un monument historique et on peut même entrer dans l’appartement de l’architecte lui-même !

Habitat 67

Souvenirs, souvenirs, Beau Dommage chantait en 1972 : « En 67 tout était beau, c’était l’année d’l’amour, c’était l’année d’l’Expo… »

CLAIRE BRIBET, MARIE LE GAC SERGE BEYER 
Photos CLAIRE BRIBET
Photo d’ouverture : SYLVAINE FOUIX
Photo Hubert Lenoir : JULIE DELISLE


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