Structures

 

Le 19 Janvier 2019 à L’Olympic Café, Paris

Samedi bien froid et donc idéal pour aller se réchauffer à la chaleur des sons – bien que parfois givrés – offerts par les 3 groupes du soir.

C’est aux démons Lillois de Sheitans (“diable” en arabe) qu’il incombe d’ouvrir le bal post-punk de la soirée. Le duo composé d’Antoine et de Max, respectivement en charge de la guitare/chant (en français) et de la basse ­— et appuyés par une bande-son pour le reste —, livre un set propre aux consonances assumées des sonorités des débuts la new wave, mais toujours avec une noirceur latente qui les éloigne de la mièvrerie de certains groupes d’alors.

 

sheitans

sheitans

 

Voici maintenant Lobby dont on est impatients de voir le set, les Bordelais étant auréolés de l’excellent accueil fait à leur premier LP Fragrance sorti il y a tout juste un mois. Mais aux premières notes, on sent que le groupe n’a pas encore une habitude franche de la scène et paraît être un peu dans le dur pour ce qui est la première date parisienne de leur courte histoire. Au troisième titre Tim, le chanteur sans doute à la recherche d’un réel premier souffle, se jette sans préavis hors de la scène pour involontairement atterrir sans ménagement sur notre photographe. Malencontreuse péripétie qui, si elle est restée sans conséquence, est révélatrice du travail que les jeunes Aquitains doivent encore réaliser pour offrir des performances live du même niveau de qualité que leur disque.

 

Lobby

Lobby

 

Puis arrive la tête d’affiche de la soirée, Structures que l’on a pu remarquer avec un premier EP Long Life dont les sons s’inscrivent dans la plus pure lignée des volutes musicales distillées alors par les meilleurs groupes post-punk de la période Madchester. D’ailleurs l’ambiance de l’Olympic Café ne va pas tarder à rappeler aux plus nostalgiques celle de la Fac 51 Haçienda (autrement appelée The Haçienda), le club mythique de Manchester fondé et financé par le label de Tony Wilson, Factory Records aux références prestigieuses (Joy Division, New Order, Cabaret Voltaire, OMD). Le set des musiciens originaires d’Amiens commence sans temps mort ni phase de préchauffage. Pierre, guitariste et chanteur, est directement dans le ton et la présence qu’il affiche sur scène ne va pas tarder à mettre la fosse au diapason de sa “rough wave”, néologisme inventé par le groupe pour définir leur son (« On ne fait pas du post-punk, on fait de la rough wave maintenant. », expliquait malicieusement Adrien autre guitariste du combo juste avant le concert).

 

Structures

Tous les titres de Long Life sont bien entendu au programme et c’est d’ailleurs le titre du même nom qui va mettre le feu aux poudres, provoquant pogos furieux et déhanchements stroboscopiques ou même épileptiques chez les plus habités ; transes portées par les sons cold-punk et la redoutable efficacité scénique du groupe et qui ne prendront fin qu’une fois les lumières rallumées. Brillant.

 

XAVIER-ANTOINE MARTIN

ÉMILIE MAUGER


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