Mira Cétii

La femme à la bûche

Aurore Reichert semble touchée par la musique depuis ses jeunes années. Un père guitariste autodidacte, une passion pour le chant, un don du ciel ! « En revanche, comme j’étais timide et secrète, explique-t-elle,  je ne chantais que lorsque j’étais seule. C’est grâce à mon père que ça a changé : un jour il m’a entendue dans ma chambre et il a fini par me proposer de monter un duo guitare-voix. » Avec son premier groupe nommé T’Aï, Aurore rencontre Jean-Pascal Boffo : « JP est un excellent ingé-son mais aussi un guitariste réputé de la région messine. On est vite devenus amis et peu de temps après, on a créé le duo Alifair ». Un début de reconnaissance : « Avec Alifair j’ai bourlingué de 2001 jusqu’à ce que Mira Cétii prenne vie en 2014. On a sorti 4 albums, 2 DVD de lives, on a fait de belles “premières parties” et rencontré des gens supers. On a même eu des propositions de labels, mais rien de très reluisant de ce côté-là malheureusement ». Vers 2012, en pleine période introspective dans un chalet perdu dans la forêt, Aurore commence à élaborer cet univers à la fois pop et chanson, élégiaque et souvent ésotérique, furieusement lynchien. « Dans cet élan, j’ai envoyé une de mes démos à Emilie Simon, après son appel à candidature pour faire sa première partie. J’ai été surprise et ravie d’avoir été choisie pour jouer à Strasbourg ! L’accueil du public a été excellent, alors j’ai misé sur Mira Cétii ». Depuis, Aurore s’est envolée dans une trilogie d’EP autour des étoiles. Sous le titre Ce que les étoiles commettent, cette “femme à la bûche” a navigué autour de Persée et d’Orion, dans un style très intime mais bercé de mystère. « J’ai voulu créer une cohérence en utilisant des noms de constellations et un peu de leurs mythologies pour m’inventer un monde plein d’histoires qui parlent de nous », dit-elle. Et en effet : Twin Peaks, c’est également ici.

Texte : Jean Thooris

Photos : Lily W.


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