Trille Or

Ottawa (Canada)

Du 1er au 6 mai 2017

 

KEZAKO ? C’est une remise de prix biennale née en 2001, organisée par l’APCM (Association des professionnels de la chanson et de la musique) qui aide au développement de la musique francophone de l’Ontario et de l’Ouest canadien.

 

ACTION : Toute la semaine précédant la Soirée de clôture (en direct sur UNIS TV) conférences, panels, réseautage, vitrines musicales, concerts et afters se succèdent de 9 h à plus d’heure…

 

QUELQUES PANELS :

RÉCIPROCITÉ À L’INTERNATIONAL : On site des exemples de partenariat réussis entre l’Acadie et la région Rhône Alpes (développement, booking : Festivals en France / Francofête en Acadie), la favorisation de circulation des pros de la musique devenue une stratégie de développement, la co-écriture, les échanges de concerts, d’édition… Les maîtres mots étant : connaissance, confiance et  intérêts communs. Car les réalités de marchés sont souvent bien différents entre le Canada et l’Europe : les distances, les jours de concerts, les publics… L’un des freins à la réciprocité reste les mentalités qui ont changées : actuellement on pense plus à détruire l’autre plutôt que s’axer sur l’entraide. D’ailleurs, y a-t-il une volonté politique de faire rayonner la culture du Canada à l’international de valoriser les arts, ou on saupoudre seulement ? Et en France on fait quoi ? Quand la Délégation Générale du Québec ou le Centre Canadien ont si peu de moyens pour agir qu’ils ne peuvent pas faire la promo nécessaire pour les artistes canadiens qui viennent en Europe…

SOUTIEN À L’ÉMERGENCE, EFFETS RICOCHETS la corrélation entre succès radio et rentrée du public au concert ne coule plus de source de nos jours. Dilemme : comment booker un artiste quand il ne remplit pas encore la salle… mais comment peut-il apprendre la scène si on ne l’invite pas live ? Travail de fond comme l’APCM qui œuvre avec les écoles pour la sensibilisation au francophone, comme les concours (Francouvertes…), les formations, réseaux, vitrines, premières parties. Important aussi de privilégier les petites salles de 50 places, de prendre des risques et communiquer autour, se positionner « découvreur ». Pistes pour un jeune groupe : demander et écouter les conseils des pros (diffuseur, réalisateur, directeur artistique, attaché de presse, pisteur radio…), s’entourer au plus vite, bien comprendre les réalités du marché, savoir aborder les entrevues, chercher les « concerts à la maison » qui développent l’intimité entre le public et l’artiste puis bâtit une communauté, ne pas hésiter à lancer des projets en cherchant des partenaires, sans oublier les réseaux sociaux et les stratégies web qui sont primordiaux.

 

LES ARTISTES À RETENIR :

En premier l’excellent groupe Ponteix (qui est le nom d’un petit village de la Saskatchewan, d’où est originaire Mario Lepage, le leader), sorte de Julien Doré intello-électro-planant, rappelant par moments Serge Fiori.

Pierre Guitard, gringalet sous chapeau large, pourrait être le fils de Didier Wampas. Son groupe déménage fort, et vaut le détour. « Où tu t’en vas avec mon cœur entre les dents ? Me laissant seul comme un accident... »

Shawn Jobin, rappeur impliqué (“Au nom d’une Nation (Tu m’auras Pas)“) qui sort son album Éléphant à ne pas rater.

Anique Granger, la grande gagnante des Prix Trille Or de cette année. Réminiscence Suzanne Vega. Douceur et chaleur sous la glace. Fragile et si forte…

Raton Lover, cinq chevelus et barbus de la ville de Québec qui présentent un concentré rock de leur show, ce qui est le meilleur d’ailleurs…

Yao, métisse slam, poème, chanson, spoken word et rap, ce géant originaire de Côte d’Ivoire est une bête de scène.

Mehdi Cayenne, le Prince foutraque d’Ontario monté sur ressors, qui n’arrive toujours pas à canaliser son énergie rageuse entre les titres. Dommage, car dans l’émotion et la retenue (aperçu ainsi à la remise des prix) il est parfait.

Le Paysagiste, axé sur des mélodies imparables.

 

À REVOIR :

Justin Lacroix, est pétri de bons sentiments, habité d’une force intérieure mystique qu’il veut partager. Mais l’emballage n’est pas encore à la hauteur (envisager des touches électro ?) et les textes à travailler (16 fois « Le temps, il règle bien des choses » dans un même titre, c’est lourd…)

Mclean : chanson elliptique, atmosphérique à décoder, qui ne touche pas encore le public car Simon Jutras (de son vrai nom) reste enfermé dans sa tête entre timidité et incommunicabilité. Ouverture à travailler…

 

LES PETITES PHRASES

« 17% de vente de plus quand un magasin diffuse de la musique. » Yao

« Les concours c’est con, pis c’est court » une citation piquée à Stef Paquette.

 

>> Site : apcm.ca/trille-or

 

Texte et photos : SERGE BEYER

 

Les lauréats du Gala des prix Trille Or 2017 :

Meilleure interprète féminine
Anique Granger

Meilleur interprète masculin
Mehdi Cayenne

Meilleur groupe
Pandaléon

Meilleur auteur, compositeur ou auteur-compositeur
Anique Granger

Meilleur EP
Ponteix – J’orage

Meilleur album de l’Acadie
Caroline Savoie – Caroline Savoie

Meilleur album
Mehdi Cayenne – Aube

Découverte (artiste ou groupe)
Ponteix

Meilleur spectacle
Hey, Wow – Hey, Wow

Chanson primée
Mehdi Cayenne – La pluie (paroles et musique : Mehdi Cayenne)

Meilleure émission musicale télé, radio ou web
BRBR (TFO)

Export Ouest (Artiste solo ou groupe francophone de l’Ouest s’étant le plus illustré à l’extérieur de sa région)
Anique Granger

Export Ontario (Artiste solo ou groupe francophone de l’Ontario s’étant le plus illustré à l’extérieur de l’Ontario)
Stef Paquette

Export Québec (Artiste solo ou groupe francophone du Québec s’étant le plus illustré dans la francophonie canadienne)
Dans l’Shed

Export Acadie (Artiste solo ou groupe francophone de l’Acadie s’étant le plus illustré à l’extérieur de sa région)
Caroline Savoie

Meilleur réalisation/arrangements
Pandaléon – Atone

Meilleure prise de son et meilleur mixage
Pandaléon et Nicolas Séguin – Atone

Coup de cœur des médias
Amélie & Les Singes Bleus

Meilleur vidéoclip
Shawn Jobin – Fou (réalisateur : Dylan Hryciuk)

Meilleure conception visuelle
Ponteix (graphiste : Stephanie Kuse)

Meilleure présence web
Céleste Lévis

Prix Impact-Industrie
José Bertrand – JKB Communications

Prix Bâtisseur Paul-Demers
Pierre Rivard

Prix Hommage
Daniel Bédard