ODA

Bloodstained

Autoproduction
 

On ne s’étonne guère d’apercevoir, sur les photographies de ce jeune groupe parisien, le bassiste Emmanuel Brège portant un t-shirt à l’effigie de Witchorious, tant Oda partage avec ses compatriotes des inspirations communes, à commencer par celle qui transpire de chacune de leurs compositions : Black Sabbath. Il faut d’ailleurs croire que les Anglais obsèdent quelque peu le trio puisque deux de ses membres sont issus d’un groupe au nom révélateur de Wør Pigs ! Mais alors que Witchorious soumet cette vénérable influence à des apports beaucoup plus modernes, Oda demeure dans un registre assez classique, retrouvant la puissance évocatrice née de l’alliance entre lourdeur doom et déploiements psychédéliques. S’il est difficile d’ignorer la tenace empreinte sabbathienne et si, comme le laissent deviner leurs titres, les textes ne brillent ni par leur richesse ni par leur originalité, Bloodstained parvient pourtant à accrocher dès la première écoute. Grâce à un parfait équilibre entre penchants heavy et psyché, mais aussi grâce au parti pris d’une expression très libre (un processus créatif reposant sur l’improvisation et un enregistrement live), Oda réussit à créer, à partir d’une base déjà bien connue, des morceaux qui sont autant d’épopées diablement captivantes. Chant grave amplifié par la réverb’, lents déroulés de riffs au parfum d’inéluctable s’élevant parfois en longues volutes débridées, section rythmique évoluant entre un certain groove et une densité brute, du doom classique au stoner, ce premier album tisse des ambiances fortes teintées de mélancolie qui ne font pas mentir sa pochette ni la ténébreuse et mystérieuse expérience qu’elle promet.

 

Texte : Jessica BOUCHER-RÉTIF

 

À écouter en priorité : “Zombi”, “Succubus”.

 

 

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