Une ultime édition pleine d’émotion

It It Anita – (c) Carolyn Caro
Et voilà! Du 22 au 24 août dernier se sont déroulés les derniers concerts de la fin programmée et annoncée du désormais prisé festival de Braud et Saint-Louis dans le Blayais. Après 10 éditions, le festival qui naquit en 2014 sur un délire d’amis à la pêche dans les marais, a vécu ses derniers instants annoncés officiellement dans les semaines devançant le très attendu dernier week-end d’août (date rituelle du BBF). L’évènement avait survécu au Covid en transformant 2020 en année blanche et avait repris de plus belle dès 2021 sur un climat timide où la conjoncture incertaine rendait chaque moment passible d’annulation ou d’amoindrissement des jauges de fréquentation par soirée.
Cette dixième édition était donc clairement affirmée comme la dernière et pour rendre cette consécration mémorable , les créatures des marais, l’association organisatrice du festival entre autres événements, avait ajouté une troisième journée aux deux historiquement présentes. Au niveau programmation, rien de nouveau à découvrir cette année mais que des groupes à redécouvrir puisque le choix avait été fait d’inviter que des groupes ayant suscité l’engouement les années précédentes. Clairement marquée comme une édition Best Of donc, le line-up était à quelques groupes non disponibles a ces dates-là près, du solide et attendu par les festivaliers.
Dès l’ouverture il y a foule et celle-ci se positionne par habitude devant les stands caisse pour acquérir des jetons (monnaie BBF pour le consommable sur site) et le stand de merch (BBF Shop) qui cette année avait prévu double de stock avec de belles pièces anniversaires.
Retour sur le montage où l’organisation est meilleure que les années précédentes et les différents ateliers se font en totale autonomie ou presque. Les bénévoles sont rodés et tout se déroule de façon parallèle. Une vraie machine huilée a démarré pour qu’au moment où les portes s’ouvrent, tout soit prêt, opérationnel et offre une ambiance encore plus soignée qu’à l’accoutumée.
Les groupes s’enchainent sous les pulsations des basses, avec Équipe de Foot qui ouvre le bal. La foule va et vient entre les deux grandes scènes en passant ça et là par la buvette qui a maille à faire, les tatoueurs, le merch, la caravane de la coiffeuse-barbière, la tente de food qui rentre petit a petit dans une dynamique inarrêtable jusqu au clap de fin.
Le merch, dès le premier soir se prend une claque qui dévalise ses stocks et tiendra difficilement jusqu’au dernier soir, allant jusqu’à distribuer gratuitement des invitations pour les éditions passées afin de galvaniser un peu plus les habitués. Pour marquer le coup, un peu partout sur le parc arboré, des expos photos, des élections de la raie publique sur fond de photos des meilleures raies du chantier (oui vous lisez bien, nous ne parlons pas de poissons), une borne d’arcade personnalisée retraçant l’historique du BBF avec en plus une chanson de chaque groupe ayant foulé le site au fil des éditions, etaient disposées pour créer un tableau scénique encore jamais vu sur le site.
Côté commodités, le coin approprié est encore une fois baigné d’une ambiance spéciale avec cette fois-ci le sable et les cocotiers en fond d’écran. Les jeux proposés pour patienter dans les files avant d’atteindre le sésame que sont les cabines de toilettes sèches rendent ces moments pressants presque plus agréables que la libération après laquelle ces festivaliers courent.
Au camping, la nuit est aussi agitée que pendant les concerts. Rares sont ceux qui dorment et tous se retrouvent pour des soirées organisées autour de tentes équipées pour chanter, danser et hurler a la lune. Au petit matin, nombreux se rassemblent autour des tables du café truck Avoir un grain et occupent leur journée entre les parties de pétanque, les olympiades prises en charge par un animateur bénévole et grand habitué du camping du BBF, le mur d’escalade et les jeux de sumotori proposés gratuitement par Natéa, partenaire du festival depuis des années. Toute la journée les alentours sont marquées par les allés et venues vers les douches du camping, mises a disposition spécialement pour eux par la municipalité et dont l’accueil est effectué avec bienveillance par la gérante du camping, festivalière de la première heure elle aussi.
Au niveau des chiffres, cette 10ème édition a vu s’écouler 8000 litres de bières, pour quelques 5600 personnes sur site sur les 3 soirs, bénévoles, festivaliers, et exposants confondus. Des jauges records pour un au revoir qui se voulait plus conséquent que les précédentes années.
Beaucoup de fidèles fans ont posé la question, n’osant pas croire la com’ faite par l’équipe mais le Black Bass Festival a définitivement fermé ses portes le dimanche 25 Aout à 3h30 du matin en accompagnant ses derniers festivaliers vers la sortie sous une haie d’honneur des bénévoles.
Une fois les grilles refermées, de chaque côté, bénévoles et festivaliers se remercient sans oser repartir chacun de leur côté sachant le caractère définitif de cette séparation. Des rires, des larmes qui scellent cet ultime chapitre du BBF devant une expo d’affiches retraçant les 10 éditions qui se sont terminées en apothéose avec des concerts enragés comme La Jungle, Clavicule, Mars Red Sky, The Inspector Cluzo, 1000Mods, Johnny Mafia, The Guru Guru et ses pyjamas scéniques, la nouvelle config de We Hate You Please Die, Capsula, It it Anita, Équipe de foot, Slift, Blackbird Hill, Year of no Light et DJ Moule qui a animé la dernière partie pour que tous dansent en transe avant l’au-revoir.
Oui j’écris bien « au revoir » et non adieu car l’asso des Créatures des Marais ne disparait pas et d’autres projets naîtront après sûrement quelques temps pour permettre un recul nécessaire à l’équipe pour de nouveau remettre sur les rails quelque chose d’autre. Alors stay tuned, les marais ne sont pas prêts de se taire.
Texte : Jason PINAUD – Photos : Carolyn CARO


























































