Par delà le bien et le mal

La scène post-metal française est l’une des plus riches et intéressantes au monde. Parmi ces joyaux on compte notamment les Lyonnais de Vesperine. Leur nouvel album, Perpétuel, est une merveille. Portrait.
Avec leur nouvel album Perpétuel les Rhodaniens de Vesperine ont sorti une œuvre extrêmement ambitieuse, qui plus est avec une thématique totalement en phase avec la période que nous vivons. Le disque s’articule autour de différents mouvements qui se développent autour de la thématique espoir/désespoir : « Nous n’avions pas l’idée avec cet album d’une symphonie mais de quelque chose de cyclique. Le titre de l’album Perpétuel permettait de chapitrer les différents morceaux du disque. On démarre par un constat un peu amer qui est le mouvement un. L’espoir est un leurre. Nous partons de ce constat avec l’idée qu’il faut se soustraire de tout espoir possible. Dans le mouvement deux, on se coupe ainsi de l’espoir et l’on se sent plus libre. Puis dans le troisième mouvement on se fait rattraper par l’espoir. Celui-ci renait, avec l’envie de se battre. On repart pour un tour. »
Espoir que l’on pourrait voir comme une métaphore possible du groupe car si Vesperine est un combo avec une certaine aura, il mériterait clairement d’être bien plus connu : « Il y a bien sûr de cela. Nous aimerions être un groupe que le public suive davantage. Parfois c’est un peu dur d’en être encore au stade de groupe en développement. Bien évidemment à travers l’espoir dont nous parlons figure l’espoir d’être plus reconnu. »
Le concept développé par les Lyonnais est à la fois sombre et lumineux et le groupe arrive à retranscrire cette thématique complexe en musique de la plus belle des manières possibles, entre post-metal et envolées plus pop qui donnent une belle respiration à l’opus. Le combo produit une musique faite de contrastes entre des passages lents et d’autres plus atmosphériques : « On a voulu être le plus sincère possible, coller le plus près possible aux textes. Ceux-ci appelaient à quelque chose de plus aérien. On ne voulait pas être uniquement dans la noirceur. »
Ces émotions sont peut-être ressenties de manière encore plus profonde par l’auditeur parce que le groupe chante en français : « C’est notre langue maternelle, notre langue de tous les jours. Il n’est pas toujours facile de bien faire sonner cette langue, d’autant plus que l’on baigne dans un environnement anglo-saxon mais c’est une langue parfaite pour exprimer l’émotion. Le français a un côté poétique. D’ailleurs notre chanteur a publié un recueil de poèmes l’an dernier. »
Post-metal et émotion, on pourrait facilement imaginer Vesperine comme une sorte d’Amenra français : « J’adore ce groupe » nous confie le bassiste du groupe : « Amenra se situe dans l’expression de la douleur. Nous ne sommes pas là-dedans. Mais dans l’approche, à la fois cathartique et pleine de sincérité nous sommes proches d’eux. Les gens nous voient comme un groupe de post-metal et il est vrai que nous adorons Isis, Cult of Luna ou Neurosis mais nous aimons aussi le rap tout comme le rock progressif. »
Texte : Pierre-Arnaud JONARD
Photo : Cyril AMOUROUX
Perpétuel – Autoproduction



