21-22 octobre 2026, l’Elysée-Montmartre (Paris)
Concert de malade !

(c) Christophe Crénel
Mais comment une musique aussi folle, que le groupe qualifie lui-même de Mantra rock dada pythago-cubiste peut devenir la hype rock de l’année ? Ça méritait évidemment d’en avoir le cœur net en découvrant en live le duo québecois.
Après une grande tournée en France et en Europe, c’est donc une salle pleine qui les attend deux soirs de suite à Paris, avec une partie du public ayant fait l’effort de porter un foulard ou une chemise à pois pour coller à leur univers graphique. Sur scène, c’est minimal mais efficace : 2 triangles lumineux et un immense drap avec irruption de boutons noirs et blancs. Le duo arrive lui-même couvert de peinture à pois jusque sur les pieds, habillé bien sûr de leurs improbables costumes. Les frères de Poitrine s’appelle Khn (le guitariste) et Klek (le batteur) et rapidement la machine folle s’emballe. On n’est pas trop certain de ce que l’on entend : du free jazz ? du math rock ? de la musique tribale qui pourrait provenir du Maghreb ou d’Extrême orient ? Ce dont on est certains, c’est que leurs rythmes hypnotiques nous embarquent rapidement dans une forme de transe païenne. Et les mélodies microtonales trouvés par Khn sur sa double guitare passée dans les effets et l’autoloop sont un doux poison saturé. La double guitare a été confectionnée par un luthier français, une Godin, et le fait de jouer sur ces 2 manches couverts de frets permet d’obtenir des quarts de ton, autrement dit des mélodies auxquelles nos oreilles ne sont absolument pas habituées. Le groupe a le sens du groove et il est bien difficile de ne pas s’agiter sur les rythmes syncopés de Klek sur lesquelles serpentent les mélodies bizarres de Khn. Principaux symptômes à l’écoute d’Angine de Poitrine : une furieuse envie de faire du twerk avec les genoux et une bouffée d’euphorie à l’écoute de toutes ces expérimentations. Folie douce enfin quand le duo se parle entre les morceaux dans une langue inconnue avec des borborygmes qui évoquent autant le cri de la mouette que les grognements de Chewbacca. Angine de Poitrine est un exutoire précieux et ça mérite bien que l’on fasse le triangle avec les doigts pour féliciter ce singulier duo de virtuose. Il prouve avec humour que le succès peut surgir là où on ne l’attend pas, lorsqu’on a le culot de créer un univers fort et complètement singulier. Ça en fera tousser certains mais vive Angine de Poitrine.
Texte et photos : Christophe Crénel

















