Gojira

Accor Arena, Paris, 30 Novembre 2025

 

(c) David Poulain

 

En première partie de Gojira on a le plaisir de voir et d’entendre deux excellents groupes : Neckbreaker et Comeback Kid. Les Danois de Neckbreaker ont à peine 20 ans mais déjà une bien belle maitrise et pas mal de maturité. Les influences du combo semblent plutôt old-school : Entombed, Morbid Angel, Bloodbath mais avec une approche et un son plus moderne. Le groupe a sorti l’an dernier chez Nuclear Blast un excellent album, Withhin Visceria qui a vu leur cote monter dans le monde du metal. Sur scène le combo nous offre les meilleurs titres de ce formidable disque : “Putrefied Body Fluid”, “Purgatory Rites”, “SILO”, “Face Splitting Madness”. Neckbreaker œuvre dans un death dévastateur et ultra efficace mais là où il possède un petit truc en plus est dans sa faculté à ajouter à ce death assez pur une dose de hard-core qui rend le tout encore plus intéressant. Un groupe qui à coup sûr va devenir énorme.

 

Viennent ensuite les Canadiens de Come Back Kid. On change alors de registre pour passer du death au hard-core mais c’est tout aussi bon et réjouissant. Les mecs de Come Back Kid semblent s’éclater sur scène et n’arrêtent pas de remercier Gojira de leur avoir permis de jouer dans de très grandes salles, eux qui d’ordinaire jouent dans les clubs. En chauffeurs de salle ces canadiens s’avèrent juste parfaits. Et quel bonheur que d’entendre ses brûlots de ce formidable album qu’est Wake The Dead : “False Idols Fall” ou “Talk is Cheap” qui vingt ans après leur sortie n’ont pas pris une ride.

 

Gojira est devenu au fil des années une référence incontournable de la scène metal. Depuis leur prestation aux JO l’an dernier ils sont même devenus un combo que l’on pourrait qualifier de mainstream même si leur musique ne l’est pas. Car ce qui impressionne (et force le respect) en assistant à ce concert c’est de voir que les Landais ont conquis le grand public sans faire évoluer leur musique vers quelque chose de plus facile. La musique produite par Gojira est en effet extrêmement complexe. Voir qu’un groupe produisant ce genre de musique puisse accéder aux grands médias et au grand public est d’une certaine manière rassurant pour l’avenir de l’industrie musicale. Le death/prog de Gojira est à la fois brutal, efficace, complexe et dévastateur. On aurait pu craindre que la blessure de Joe Duplantier qui l’empêche de jouer de la guitare sur ce tour rende les concerts moins intéressants mais il n’en est rien. La set-list est, qui plus est, une merveille puisqu’elle fait la part belle à ce très grand album qu’est From Mars to Sirius sorti il y a vingt ans. Les versions offertes de “Backbone”, “Flying Whales” ou “From the Sky” ce soir-là sont à tomber par terre. Musicalement impressionnant Gojira l’est tout autant au niveau du show. La pyrotechnie et les visuels sont dignes de celles des plus grands groupes Us dévoilant au passage des messages riche de sens comme sur “Another World” qui invite le spectateur à réfléchir sur l’avenir de notre planète.

 

Gojira on le savait depuis longtemps est devenu un grand. Il est aujourd’hui un très grand. Et l’on ressort de ce concert émerveillé avec des étoiles plein les yeux.

 

Textes : Pierre-Arnaud JONARD – Photos : David POULAIN