Animal Triste

La Maroquinerie, Paris, 29 Avril 2025

 
 
 

C’est dans une salle de la Maroquinerie comble que les Normands sont venus célébrer la sortie de leur dernier et superbe album, Jericho, après un galop d’essai quelques jours auparavant au 106 à Rouen. Dès le début du concert, les 6 musiciens sont bien en place, la complicité entre eux est palpable et ne va pas tarder à dégager une énergie qui rapidement se propager dans le public visiblement déjà acquis au groupe. C’est le superbe “Rearview Mirrors”, issu du dernier album, qui ouvre le set. Même si Peter Hayes du Black Rebel Motorcycle Club, invité sur ce morceau sur le disque, n’est pas là, le titre ne perd rien de sa force et il n’en faut pas plus pour que dès les premiers instants le charme magnétique de l’un des groupes les plus sous-estimés de France agisse. Très vite, le combo enchaine sur “Afterlife”, puis vient la reprise remarquée du Boss, “Dancing in the Dark”, devenu l’un des morceaux signatures du groupe. Arrive ensuite le sublime “Jericho“, titre éponyme d’un album dont on fête la sortie ce soir. Pour l’occasion, Marina Hands, amie de longue date et également présente sur le disque, a fait le déplacement, fraichement auréolée d’un Molière reçu deux jours avant. Pas de rôle de composition pour la comédienne ce soir, Marina est complètement dans sa partition, visiblement très heureuse d’être sur scène aux côtés de ses amis, pour le plus grand plaisir du public.

 

“Homecoming King”, “With Every Bird”, “Sad Generation”, “River of Lies”, “Montevideo” sont quelques-uns des titres qui vont s’enchainer, faisant la part belle évidemment à Jericho dont quasiment tous les morceaux seront joués, peut-être à l’exception de “The Real Kanye West”. Parmi ceux-ci, il incombera à “Ave Satan” de clore la partie principale du set. Le titre est tellement fort que le groupe n’avait eu d’autres choix que de le mettre en premier sur le disque comme nous le confiait le batteur Mathieu Pigné dans une interview pour Longueur d’Ondes n°105. La version qui est jouée ce soir ne dément pas le fait que le morceau est un concentré d’énergie brute, le groupe profitant des conditions du live pour servir une interprétation qui semble directement sortie des tréfonds des enfers.

 

Les musiciens reviendront bien évidemment pour 4 morceaux en rappel, parachevant ainsi un set qui aura une fois de plus démontré la puissance scénique des Normands, il est vrai servis par des compositions plus belles les unes que les autres et se prêtant particulièrement bien à l’exercice du live,  offrant ainsi à Jericho une très belle fête parisienne de baptême qui se prolongera dans le patio et dans le bar de la Maroquinerie où le groupe – par ailleurs bien occupé au merch pris d’assaut –  viendra se mêler à ses amis (dont Axel Bauer et Arman Méliès) et à ses fans, simple et disponible comme le sont les grands artistes.

 

Toutes les photos sont dans la galerie ci-après.

 

Photos : Marylène EYTIER aubondeclic – Texte : Xavier-A. MARTIN