Noir c’est noir
Il y a assez peu de groupes dark metal au sein de la scène française. Heureusement les Amiénois de March of Scylla viennent réparer cette anomalie. Portrait.
March of Scylla avait, avant son premier album, sorti deux EP : Archives et Dark Myth, le premier sous influence Architects, le second dans une veine dark metal. Avec son premier album sorti il y a peu le combo reste clairement un groupe metal mais s’ouvre à d’autres horizons comme le progressif : « Sur les arrangements vocaux il y a clairement une influence prog. J’aime beaucoup le prog : Steven Wilson, Porcupine Tree nous confie le chanteur du groupe Florian Vasseur. C’est une influence plus présente qu’à nos débuts. »
Comme à son habitude le groupe propose une odyssée qui traite notamment de la mythologie grecque, ce qui ne fait pas pour autant de ce disque un concept-album : « Chris notre guitariste est fan d’histoire et prof de philo dans la vie donc il est logique que nous nous intéressions à ces sujets mais nous ne parlons pas uniquement de cela. Bien sûr le nom du groupe vient de là : comme on le sait, Scylla est un personnage féminin qui a souffert et qui se venge en dévorant les marins qui passent. On reprend d’ailleurs un peu cette figure avec le personnage d’Andromeda mais il y également des sujets qui sont inspirés d’histoires personnelles. La Grèce Antique, c’est passionnant : tu peux relier nombre de thèmes de cette époque à celle contemporaine. »
Le combo pour ce premier album a travaillé avec l’incontournable Francis Caste au studio Sainte Marthe. Celui-ci a à la fois produit, mixé et masterisé l’album. Une collaboration qui avait débuté dès le premier EP de March of Scylla : « Il n’avait réalisé que le mastering pour notre premier effort studio. Sur le deuxième notre collaboration avait été plus approfondie et pour l’album il a fait toute la production. C’est un super pro et en plus nous partageons un amour commun pour la new-wave. »
March of Scylla vient de cette petite mais active scène amiénoise. Les membres du groupe ont évolué dans des groupes locaux qui oeuvraient aussi bien dans le death (Ashura) que le stoner et Florian a un projet parallèle darkwave.
Ce premier album s’avère fort intéressant et devrait permettre au groupe de conquérir un public au-delà de la sphère metal tant on trouve dans les compos du groupe un son qui ne devrait pas déplaire au public cold-wave. Le combo de la Somme a décidé pour ce premier album de travailler avec Klonosphère : « Nous sommes dans une agence de management sur Lyon. Celle-ci a interféré avec Guillaume [NdlR : Bernard]. On lui a envoyé trois morceaux qui lui ont plu. Le deal s’est fait facilement. C’est cool de bosser avec eux et en plus j’aime bien les groupes dont cette structure s’occupe. »
Andromeda (Klonosphère)
Texte : Pierre-Arnaud JONARD



