Bon Anniversaire !

Celkilt fêtera ses quinze ans à la Cigale ce samedi. Un concert événement pour le groupe celtique qui va faire de cette date une grosse fête. Entretien avec Titou, chanteur-guitariste du groupe.
Vous fêterez vos 15 ans à la Cigale ce samedi. Ce sera le gros moment de cette année 2026 pour vous ?
Oui c’est une date que l’on attend avec impatience même si nous avons fait de nombreuses dates cool cette année. Pour cette grande fête nous aurons le Bagad du Moulin Vert de Quimper avec nous sur scène. Nous avons fait plusieurs concerts avec eux en 2026 dont le Festival Interceltique de Lorient.
Votre groupe arrive à toucher un public très éclectique.
Notre musique touche un public très large, c’est vrai. Nous sommes appréciés par les punks et les metaleux mais aussi par les gens qui aiment la musique trad ou même des choses mainstream. Cette année nous avons joué dans un festival avec Soprano et on a trouvé ça mortel ce mélange des genres. Quand des punks dansent à la fin de nos concerts avec une mamie et un jeune branché urbain c’est le kiff total.
Comment on en arrive à fonder un groupe celtique à Roanne ?
Ma mère écoutait Tri Yann et Stivell. Je baignais là-dedans. Et il y avait un Bagad à Roanne avec lequel j’ai joué. Cela m’a plongé là-dedans. La musique celtique n’a pas de frontières. Il y a un esprit de communauté pour cette musique qui existe un peu partout à travers le monde.
A vos débuts le projet était plus trad qu’aujourd’hui ?
Trad parce que l’on pensait à faire un truc acoustique à la base. Mais rapidement on a voulu du gros son.
Votre dernier album studio date de 2020. Il y en aura un nouveau bientôt ?
On tourne énormément et puis il y a bien sûr eu le Covid qui fait que nous n’avons plus sorti d’album studio depuis maintenant six ans. On a été pris par le temps. Nous n’avançons pas aussi vite que l’on aimerait. On a sorti deux singles l’an dernier qui sont un peu différents que ce que nous avons pu faire avant. Mais un album va arriver prochainement.
Par rapport à votre style vous n’avez pas besoin de sortir d’albums studio pour être booké, non ?
On pourrait partir en tournée sans album sous le coude, oui. Avec huit albums on pourrait faire de très longs concerts. Mais nous avons l’envie d’introduire de nouvelles choses.
Vous êtes en auto-prod depuis vos débuts. Pourquoi ?
La liberté n’a pas de prix. Pour un groupe comme nous être sur un label n’aurait pas grand intérêt.
Même si vous êtes un peu différents d’un groupe comme Bretons vous vous sentez proches d’eux ?
Ce sont des potes. Ils font vivre la musique celtique et bretonne. Dans le monde il y a de gros groupes celtiques comme Flogging Molly ou Dropkick Murph. En France il n’y a malheureusement plus de têtes de gondoles comme Tri Yann ou Soldat Louis. C’est dommage car il y a un public pour cette musique. Il y a de supers groupes dans ce style en Europe comme The Rumpled en Italie.
Vous jouez pas mal dans les festivals metal. Comment cela s’est passé pour vous dans ces lieux ?
A chaque fois cela a été génial. Dans les festivals metal nous avons toujours été super bien accueillis. Nous avons d’ailleurs sorti un live Hellfest.
Votre musique est faite pour les metalleux mais aussi pour les familles.
Totalement.
Est-ce que le fait qu’un groupe comme Dropkick Murphys soit devenu très connu en France a aidé les groupes celtiques dans l’Hexagone ?
Clairement. On ne fait pas la même chose qu’eux mais il y a un pont entre nous. A chaque fois que nous avons partagé la scène avec eux cela a été cool. Nous avons joué aux Etats-Unis et en France avec Dropkick.
Le concept d’être en kilt sur scène est là depuis vos tous débuts ?
Absolument. Il y a une communauté qui nous suit qui s’habillent en kilt. Avant la Cigale ils ont prévu de se rassembler puis de venir au concert.
Vous avez fait durant votre carrière de grosses télés. Cela a aidé au développement du groupe ?
Cela nous a crédibilisés. Pour Un Incroyable talent en 2013 nous avons fait trois prime qui ont été vus par des millions de gens.
Après la Cigale vous jouerez avec Ultra Vomit à Clermont-Ferrand. Vous n’êtes pas dans le même délire qu’eux, parodique.
C’est vrai. Mais il y a un point commun : le fun. Notre esprit n’est pas potache. Il y a des virtuoses dans notre groupe. Nous faisons les choses sérieusement sans se prendre au sérieux. Le rock celtique est un genre ultra large dans lequel il y a plein d’éléments différents. Chez nous la mélodie est très importante. Nous aimons créer des ponts entre différents genres musicaux. Dans le groupe nous avons des goûts différents. Certains sont très metal, d’autres viennent plus du rock, d’autres encore sont branchés musiques irlandaise et classique.
Il y aura d’autres dates en 2027 ?
Oui. Chaque année on fait 40, 50 dates. Cela reprendra en mars prochain. On ne s’arrête jamais de tourner. On aime être sur la route.
Entrevue : Pierre-Arnaud Jonard