Et je reste à Luxeuil. Oh oui !

(c) Christophe Crénel
C’est le charme des débuts de tournée que de pouvoir découvrir des artistes qui s’apprêtent à sortir leur album dans des cadres plus intimes. On teste les morceaux, on rode le show. Feu ! Chatterton était donc en concert à la mi-juillet dans la charmante ville thermale de Luxeuil-Les-Bains en Haute-Saône. 4 ans après le succès de l’album Palais d’Argile et sa tournée triomphale, il faisait bon retrouver nos 5 mousquetaires. Il y avait même de l’impatience. En attendant l’interview (que vous lirez à la rentrée), c’est sur scène que l’on était pressé d’entendre des extraits du nouvel album « Labyrinthe » qui sortira fin août.
Campé entre les 2 colonnades du Cloître médiéval de Luxeuil, Arthur et ses compères se sont un peu fait attendre, mais le cœur y était dès leur apparition. Accueil de feu et smile épanoui sur les visages pour nos « compagnons », premier titre du set joué ce soir-là. Leur reprise enjouée de la chanson de Prévert immédiatement entonnée par les premiers rangs. Feu ! Chatterton jouera finalement 4 titres du nouvel album, le poignant « Mon frère » en résonnance avec l’actualité, « Allons voir », le premier single, comme un appel à toujours voir le côté lumineux des choses, pour paraphraser les Monty Python, même dans la tourmente. « 1000 vagues » et « L’étranger », les 2 autres titres joués ce soir-là donnent sans doute la tendance pour le futur album. Des morceaux sensibles traversés par l’inquiétude d’un monde qui oublie son humanité, avec toujours ce mélange singulier entre chanson française, élans synthétiques et une pincée d’électricité psychédélique, comme sur le puissant « L’étranger ».
(c) Christophe Crénel
Feu ! Chatterton n’a évidemment pas oublié d’embarquer le public sur le chavirant « Côte Concorde » et sa tourbillonnante « Malinche ». Mais la chair de poule, ce sera pour l’un des morceaux du final, « L’affiche rouge », la reprise du morceau de Léo Ferré mettant en musique des vers d’Aragon pour rendre hommage à d’autres étrangers, les résistants du groupe Manouchian. La fameuse chanson interprétée par Arthur pour l’entrée au Panthéon du militant communiste fusillé avec ses camarades à la fin de la guerre par les nazis. On a senti le chanteur et ses camarades gagnés par l’émotion. Et la foule avec. Ce premier concert donne sans doute le ton, la communion généreuse autour des titres emblématiques du groupe mais aussi des reprises et de nouveaux titres qui traduisent ombres et colères, la menace d’un monde sans âme et sans mémoire.
Texte et photos : Christophe CRÉNEL





















