Deuxième essai transformé
Après un très bon C’est l’enfer publié en 2022 les Nordistes de Ravage Club nous reviennent avec un tout aussi électrique nouvel EP. Portrait.
Ravage Club n’est pas une histoire qui date d’hier puisque Vinz et Acidula se sont rencontrés il y a 17 ans : « Nous nous connaissons depuis le collège. Nous avons changé de nom de groupe au fil du temps et avons cherché des musiciens. Le style a un peu évolué depuis nos débuts mais pas tant que cela, au final. On a toujours sonné entre rock et punk. La seule différence avec nos débuts c’est que lorsque nous avons commencé nous chantions en anglais. Nous nous sommes mis au français depuis le confinement. Nous n’osions pas le français mais aujourd’hui je me sens plus épanouie dans cette langue nous confie Acidula. Peut-être que nous ne chantions pas en français parce que nos références restent anglo-saxonnes et parce que le punk français est très politisé. Nos morceaux ne le sont pas. Notre angle est moins direct. Nous voulons dire les choses d’une manière poétique. »
Après ce nouvel EP qui arrive après le déjà fort intéressant C’est l’enfer paru en 2022 le groupe commence déjà à avoir une belle notoriété : « On a eu la chance d’ouvrir pour Deportivo ce qui nous a beaucoup aidés tout comme le fait d’être accompagnés par l’Aéronef à Lille. Le concert en première partie de Tagada Jones à l’Olympia a également été une belle vitrine pour nous. Jouer à l’Olympia pour un musicien est évidemment quelque chose d’extraordinaire. »
Musicalement très intéressant Ravage Club l’est aussi dans les clips qu’il propose avec un univers visuel très influencé par l’esthétique des films 90’s : « Quand on compose on a déjà les images en tête. On aime faire des clips et nous avons en plus sur Lille des gens très talentueux pour les réaliser. »
Entre punk et rock Ravage Club délivre des titres qui sont autant de brûlots : « Nos morceaux sont courts car nous aimons les choses incisives. On ressent le besoin d’aller à l’essentiel. »
Le groupe a cette spontanéité et cette énergie hérités de Nirvana alliés à un sens de la mélodie venue des Libertines : « Ce sont des groupes que nous adorons, tout comme les Clash. Mais nous pouvons aussi aimer d’autres choses, comme du rap ou de la chanson française. »
Ravage Club fait partie de cette nouvelle génération de groupes punk qui pense qu’il est difficile de changer les choses : « On ne pense pas pouvoir changer le cours des événements. On essaie déjà de ne pas se trahir, ce qui ne serait déjà pas mal. »
Texte : Pierre-Arnaud JONARD
Photo : Paul-Étienne LUCA
Ravage Club – Auto-production



