L’ombre et la nuit

Icy Cold Records

Entre gris et noir implacable, la discographie des Grenoblois, déjà remarqués parmi les meilleurs représentants du post-punk français, étoffe ses nuances avec un quatrième album qui s’impose comme leur plus sombre à ce jour. Délaissant quelque peu ses tendances rock alternatif à la Noir Désir pour assécher encore son propos autour de guitares cassantes et d’une rythmique rigoureuse, le groupe continue de creuser son sillon lettré dans les chairs et les psychés malmenées, à travers le temps, exhumant du passé des figures inspirantes et d’emblématiques jeunes suicidés comme Evelyn McHale, jeune comptable s’étant jetée en 1947 du haut de l’Empire State Building et le poète maudit Francis Giauque. En conservant sa signature singulière de textes en français précisément taillés, que Grégory Cathérina chante plus que jamais comme on lance des couteaux, dans une scansion désabusée que la musique vient renforcer de sa tension, le duo se réapproprie à sa façon le versant le plus punk de son style. Sons et mots font ici corps pour exprimer avec une rage froide une vision sans illusion de la société humaine.

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JESSICA BOUCHER-RÉTIF

À écouter en priorité : “Sur la nature du vide”, “ Evelyn McHale”, “L’ombre et la nuit”.


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