Sous les pavés les chansons, anthologie des airs rebelles

Éditions Glénat, 176 pages, 35 euros

STAN CUESTALe piège aurait été de tomber dans une énumération béate et publicitaire, plonger deux pieds en avant dans le mythe de la contre-culture. Si l’auteur ne s’engage pas dans une entreprise de déconstruction de la contestation, il en livre ici une histoire hybride et colorée, une fine cartographie des pulsations et hoquets de l’après-guerre, bouleversée par la montée en puissance de la jeunesse occidentale. Forcément, il y a quelques oublis, mais l’ensemble est de belle tenue. On en apprend beaucoup et l’iconographie très présente ajoute un plus non négligeable qui restitue le contexte de création de ces airs rebelles qui, avant d’être un message politique, sont avant tout de chouettes chansons. Ironie de l’histoire, les derniers chapitres se réduisent comme peau de chagrin, les années 90 et 2000 n’offrant que de loin en loin un lien organique avec les grandes révolutions des années 60. L’auteur en prend acte et conclut en livrant quelques explications de fond, citant quelques jeunes contestataires d’avenir. Après tout, le combat n’est peut-être pas terminé…

ANTOINE COUDER


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