Kid Francescoli ©Hawaii and Smith - Longueur d'Ondes

Petit prince pop de Marseille

La cité phocéenne est devenue ces dernières années l’une des villes françaises les plus intéressantes en matière de production musicale. Cette création artistique s’est notamment développée avec l’éclosion de Kid Francescoli et de ses nombreux projets. C’est en solo qu’il nous revient aujourd’hui.

Trois ans après le lumineux With Julia, Kid Francescoli revient avec un nouvel album dans la même veine romantico-mélodique qui lui sied bien. Play me again a été enregistré avec Julia, Américaine rencontrée à New York dont la brève histoire amoureuse s’est transformée en duo créatif. S’il est courant dans le milieu du cinéma de poursuivre un travail artistique avec sa muse devenue ex, cela est bien plus rare dans la musique. À cet égard, Kid Francescoli et Julia sont des exceptions. L’album est un peu dans la continuité du précédent avec ce son électro / pop délicat, mais il explore aussi de nouveaux territoires puisque pour la première fois, Kid Francescoli y chante un titre en français, “Les vitrines” (une envie de chanter dans sa langue qui lui est venue en reprenant “Pendant que les champs brûlent” de Niagara sur scène) et qu’une influence Rn’B s’y fait sentir.

« Avec Julia, si on s’est séparés, on se retrouve malgré tout musicalement. Cela crée une grande créativité. Pour cet album, elle a beaucoup composé. Je considère que nous sommes un duo et nous ferons d’ailleurs la tournée ensemble. Quant au côté romantique de ma musique, il vient sans doute de mon amour pour Françoise Hardy. »

 

 

S’il a fallu attendre trois ans pour que cet album voie le jour, il faut dire que le Kid a été plus qu’occupé ces dernières années avec les succès de Nasser, d’Husbands et les tournées avec son ami Oh! Tiger Mountain. Des univers musicaux très éclectiques, qui vont de la pop à l’électro en passant par la pop-folk. L’artiste se nourrit de ces différentes expériences et dit rêver épouser toutes les musiques possibles. Il a signé avec le label Yotanka, après ses premiers opus autoproduits. « J’aime être sur un label où tu as deux ou trois personnes qui s’occupent de ton projet, plutôt que sur un où juste une seule personne s’occupe de cinquante ! Tout est vraiment cool avec eux. »

Son élégance scénique et musicale, il la tient peut-être d’Enzo Francescoli, footballeur mythique de l’OM qui lui inspire son patronyme. « Francescoli, c’était un joueur artistique, classe. Je voulais une référence au foot dans mon nom, mais avec une touche d’élégance. J’avais fait une short list avec Bergkamp, Lineker, McManaman et j’ai finalement retenu celui-ci. » Si à Marseille, le foot n’est pas très important dans le milieu musical, ce n’est pas le cas pour Kid qui ne rate jamais un match. « Je me souviens d’une période où dès que j’entendais “Jump” retentir dans le Vélodrome, j’avais les larmes aux yeux. »

Après la sortie de l’album, il partira pour une longue tournée internationale. « Je suis ami avec Laurent Garnier et je l’envie de jouer aux quatre coins du globe. J’ai dit à ma tourneuse de me trouver le plus de dates possibles à l’étranger. C’est pour cela que l’on commence par une date à Florence (Italie). Entre les deux disques, on a été à Marrakech et Istanbul, des villes où il est rare de jouer et… c’était magique. »

 

> Chronique de son album Play me again

> Site de Kid Francescoli

 

Texte : Pierre-Arnaud Jonard

Photo : Hawaii and Smith

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