Corridor ©Dominic Berthiaume, entrevue Longueur d'Ondes

Magie montréalaise

Après seulement trois années d’existence, Corridor s’est fait une place de choix dans la scène post-rock montréalaise. Ils y sont un cas un peu à part puisqu’ils chantent en français (là où la plupart des groupes de ce genre préfèrent l’anglais) et possèdent un côté pop assez marqué, chose rare pour ce style musical.

Après un EP et un album, le combo s’apprête à sortir son nouveau disque au printemps prochain.

« Nous sommes francophones. Cela nous semble plus naturel d’écrire en français. Les bands francophones ne sonnent pas trop comme nous ici. Nous voulons chanter dans notre langue, mais le faire à notre sauce avec beaucoup d’effet sur les voix. Quant à notre style musical, on a été catalogué post-rock mais aussi psychédélique. Nous avons un son différent des groupes post-rock classiques. Chez eux, les crescendos sont lents, alors que chez nous, ils sont bien plus rapides et en plus, nous aimons les harmonies vocales. Pour nous, de toute façon, cela n’a aucune importance. Nous n’aimons guère les étiquettes.  »

Depuis sa création en 2013, le groupe n’a pas chômé. Quelques mois seulement après leurs débuts, ils sortaient un premier EP Un magicien en toi qu’ils disent fortement influencés par Women, groupe de Calgary à la trajectoire éphémère. Deux ans plus tard, parait un premier album Le Voyage éternel. Un disque très réussi avec un son particulièrement original empruntant tant au post-rock qu’au psyché, à la pop qu’à l’indie-rock. Les deux disques paraissent sur l’Œil du tigre, label montréalais très orienté post-rock qui compte notamment dans ses rangs, un autre groupe de qualité dans le genre, Black Love.

Aujourd’hui, le groupe termine son second album : « Nous l’avons enregistré au Break Glass Studio, des Besnards Lakes, un groupe que nous aimons beaucoup et qui est très respecté ici. C’est un studio absolument génial, totalement vintage. Tu y trouves même la console sur laquelle Led Zep a enregistré son troisième album. Je n’ai aucune idée de la façon dont elle a pu se retrouver ici, à Montréal.  »

Dans l’importante scène musicale de la ville, Corridor se sent proche de groupes comme Chocolat, Crabe ou Dories : « Ce sont des groupes que nous aimons musicalement mais pas seulement. Nous sommes très amis avec ces bands ». Toute cette scène gravite à Mile End, quartier situé au dessus du Plateau, l’endroit le plus francophone de la ville où l’on trouve de nombreux disquaires.

« Mile End est un quartier génial pour les groupes. C’est là que tu trouves les espaces pour jouer, répéter. Tu y trouves des bars clandestins avec un côté underground. Des adresses préservées où tu verras les meilleurs concerts à Montréal pour seulement 5 à 7 dollars. L’esprit DIY (do it yourself ndlr) imprègne ces lieux. »

Le groupe commence à avoir des aficionados en France. Même si leurs disques n’y sont pas encore distribués, le groupe y a déjà donné des concerts après avoir été remarqué au festival M pour Montréal. « Les médias français ont commencé à s’intéresser à nous grâce à la Souterraine qui avait mis notre album sur leur plateforme en novembre 2015. Nous leur avons aussi offert un titre inédit “Le viol de Sharone”, un décalque de “My Sharona” des Knack que tu trouves sur le semi volume numéro 4.  »

Avec la sortie de leur album au printemps, nul doute que la France va s’intéresser encore davantage à ce jeune groupe particulièrement prometteur.

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PIERRE-ARNAUD JONARD
Photo : DOMINIC BERTHIAUME

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