Du 14 au 19 mars au Train-Théâtre de Portes-lès-Valence

01 Deferlantes 2016 - Serge Beyer

LA CARTE D’IDENTITÉ : 7ème Festival de chansons francophones (oui au pluriel) car le concept c’est … Cette année les artistes arrivent du Québec, des Comores, de Mayotte, de l’île de la Réunion…

MÉTÉO : Du froid, du chaud et même… de la neige !

LIEUX : Si le cœur de l’événement a lieu aux portes de Valence, des concerts du festival ont aussi lieu aux Trois Baudet à Paris, à Thou Bout D’Chant à Lyon, au Château-Musée de Tournon et au Palais Idéal Facteur Cheval à Hauterives.

LES PLUS : L’accueil d’une équipe chaleureuse totalement passionnée et impliquée dans le soutien aux découvertes. Les showcases gratuits dans le hall du Train-Théâtre juste avant les concerts du soir.

LES MOINS : La ligne éditoriale : ce qui fait sa force… et sa faiblesse… car faire déplacer le public sans grosses têtes d’affiches, c’est pas simple ! Certains soirs en ont pâtis.

QUEBEC : Encore bien représenté cette année avec Philippe Brach, country-rock mélodique. Puis Marcie (accompagnée par Louis-Philippe Gingras) qui est surement l’enfant cachée de Pierre Lapointe (pour le choix de ses mots précis et sombres) et de Barbara (pour la musicalité de sa voix).
Ariane Vaillancourt : un peu de la Marie-Michèle Desrosiers de Beau Dommage dans la voix et la délicatesse des textes, un souffle indien dans le tempo tribal par moments, un piano à la Sanson… une chanson à personnalité qui ne campe pas sur l’éternel couplet-refrain.
Et surtout le duo minimaliste et envoûtant : juste des guitares et deux voix superbes. Celle de Moran, basse, grave, rocailleuse qui fait frissonner, secondé par les aigus de Thomas Carbou pour une alchimie parfaite soutenue par une pop-folk jazzy. Textes profonds. Cerise sur le gâteau (à l’érable) : une magistrale reprise d’« Osez Joséphine » que n’aurait pas reniée Alain.

DÉPAYSANTES MÉLOPÉES : Ngazi, un artiste de Mayotte, voix de velours avec sens de la mélodie à reprendre en chœur. Souad Massi, d’Algérie marie toujours sans complexes son timbre limpide aux poésies arabes anticonformistes, au folk-rock qui pulse ou au oud planant !

EMBALLÉS par Kareyce Fotso, Camerounaise à tempérament qui présente joyeusement une Afrique lucide qui ne baisse pas les bras, qui souffre mais qui garde espoir. Un voyage à la fois festif et émouvant, trad et moderne. Et par Ahamada Smis des Comores qui mixe harmonieusement les musiques trad de l’Océan Indien à sa culture hip-hop et afrobeat avec un soupçon d’électro : mariage parfait !

OVNI : Dans ce festival plutôt chanson, Labelle (gagnant du Prix Musique de l’Océan Indien) détonne : seul à ses platines il compose et mixe des sons maloya. Son électro-world interroge sur la mixité de nos deux mondes qui s’entrechoquent…

RENCONTRE PROFESSIONNELLE : Le mercredi 16. Un événement organisé par la Nacre (Agence de développement du spectacle vivant en Rhône-Alpes), en partenariat avec le Train-Théâtre, a réuni le matin une bonne soixantaine de pros autour de tables rondes sur les questions « Être artiste francophone représente-t-il une particularité et donne-t-il accès à des aides spécifiques ? » Outre les artistes du festival venus témoigner, sont présents Alan Côté (directeur général et artistique du Festival du Village en chanson de Petite-Vallée, Québec), Alain Fantapié (ancien rapporteur au Haut-Comité de la Langue Française, président de l’Académie Charles-Cros), Luc Sotiras (directeur du Train-Théâtre de Portes-lès-Valence), Serge Trouillet (Prix Musique de l’Océan Indien : Comores, La Réunion, Madagascar, Maurice, Mayotte, Rodrigues, Seychelles), Del Zid (musicien, auteur-compositeur, directeur du festival Milasika, Mayotte). L’après-midi, plusieurs ateliers plus techniques : « L’accueil d’artistes étrangers » : visas et permis de travail, législation sociale, fiscalité dans l’accueil des artistes étrangers…

Site du Festival Aah Les Déferlantes

SERGE BEYER
Photos Serge Beyer & Albert Weber

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