& Blackbird Hill


Hélène et les garçons : l’histoire d’un groupe et d’un label.

Finalement, c’est toujours la même histoire : des jeunes gens – d’une moyenne d’âge de 25 ans – se jettent à corps perdus, emplis de fougue et d’enthousiasme, dans le début d’une aventure artistique. Ils ne sont certes pas les premiers, ni les derniers, à tenter la poursuite d’un rêve ; mais leur génération, plus consciente des difficultés et rompus à la nécessité de s’adapter, semble bien armée pour mener sa barque sur tous les récifs.

C’est l’histoire, à l’origine, d’un premier EP et de la création d’un label. Et surtout, c’est le début d’une rencontre, de projets communs…

Tout d’abord, un duo bordelais, une guitare électrique (Alexis), une batterie (Maxime) : deux voix pour célébrer, en anglais, le rock-blues. Blackbird Hill puise dans les racines américaines du rock, du blues et du folk et explore les musiques américaines des vastes plaines jusqu’au bayou.

Les deux garçons remportent un tremplin sur leurs terres de Gironde. Un vrai tremplin puisque que c’est lors du Jalles House Rock 2014 qu’ils envoûtent Hélène et Ophélie, deux filles de l’asso l’Estran (co-organisatrice du festival). Hélène a déjà un projet de création de label sous le bras, Miaou Records. Tout naturellement, les Blackbird Hill sont le 1er groupe signé. En juin 2015, la formation célèbre la sortie de son premier EP Songs to keep the devil busy.

RENCONTRE
Les Garçons : « On s’est rencontrés à 11 ou 12 ans au collège puis on s’est perdus de vue pour se retrouver, il y a environ 3 ans. »

Les Filles : Hélène était en Service Civique au festival JHR et Ophélie, attachée de production, spécialisée dans le booking. C’est après un passage chez Vicious Circle, label bordelais, qu’Hélène a eu l’envie de créer sa propre structure, embarquant Ophélie dans son projet : « Je me rappelle du jour où on a reçu la maquette des garçons pour le tremplin. Toutes les deux, on s’est dit « c’est énorme ». Il faut les voir sur scène. Et voilà… » Aujourd’hui, Hélène a un contrat pour la com’ avec l’asso l’Estran, qui est subventionnée par la ville de Saint-Médard-en-Jalles.

ROCK

Les Garçons : « On s’inspire du rock, mais aussi de sons plus contemporains. On cherche le mélange idéal entre ancien et récent. On oppose deux voix, deux personnalités et plusieurs styles musicaux. » « Roots et folk pour Alex ; rock électrique, plus dur pour moi. On cherche en s’opposant à créer quelque chose de complémentaire. Le but, c’est de créer du moderne avec les racines du rock. »

Les Filles : « C’est une première signature. Notre ligne de conduite, c’est le coup de cœur musical et humain. Bien sûr, nous avons notre propre éducation musicale. Le premier groupe donne forcément une griffe (sourires) mais on n’est pas un label de rock-blues. On ne sait pas encore quelle sera la deuxième signature et dans quel style, mais cela sera un coup de cœur, c’est sûr… »

RESEAUX

Miaou Records est enfant de la Loi de 1901. Comme tant d’autres structures de l’agglomération bordelaise où, tout naturellement, il y a des passerelles et des entraides.

Les Filles : « On voudrait développer tout ce qui touche à la vie associative et notamment l’organisation de Soirées Miaou. La musique crée des liens et on veut aller au bout de cette aventure. Il y a un réseau associatif. Beaucoup de personnes nous ont soutenues, notamment sur l’aspect technique (la Pépinière du Kratatoa, l’Antirouille, la salle de concerts et La Forge, le studio de Rock et Chanson). »

Les Garçons : « Les gens veulent du lien et c’est pourquoi tout ce qu’il y a autour des concerts reste très important : le merchandising, les rencontres avec le public, notre site et les réseaux sociaux. »

Ophélie : « On a des réseaux complémentaires. Les garçons ont leurs soutiens, Hélène ses réseaux de labels ; et moi, toutes mes expériences passées. On mutualise tout ça… »

Hélène : « J’ai beaucoup discuté avec d’autres labels. Cela a toujours fonctionné ainsi durant les périodes très difficiles ; il faut être plus imaginatif pour trouver des solutions. Dans les années 2000, avec la crise du disque, les labels indépendants ont développé la scène. Aujourd’hui, il faut s’adapter car on n’a pas le choix. Il faut travailler différemment, faire des éditions limitées, et même s’il n’y a plus de magasins, il existe toujours des disquaires indépendants tels que Total Heaven, qui est présent depuis plus de 20 ans ! Le retour du vinyle existe aussi. Un public existe. C’est pourquoi les Blackbird Hill vont avoir le leur avec un inédit en plus. Mais le disque ne suffit plus, il faut faire de l’évènementiel. Je suis optimiste car il y aura toujours des gens qui aimeront le rock, l’objet disque et les concerts…

Les labels indépendants ont beaucoup d’énergie. Là aussi, ça se mutualise avec la création de la FEPPIA, qui est l’équivalent de la Ferarock pour les labels. C’est une structure nationale avec des antennes régionales. Cela permet par exemple de négocier les prix des distributeurs ou des invendus… »

ATMOSPHERES

Les Garçons : « On voit bien que plus on s’y met, plus on avance et moins on a le choix. Il faut foncer et créer son propre univers. On pense notre projet comme un projet de scène avec un gros visuel. C’est en montrant que l’on donne. Nous faisons très attention au visuel, notamment à la photographie. C’est le photographe Michael Tirat qui fait toutes nos photos. C’est parti d’une rencontre là-aussi… »

Les Filles : « Oui, il les a vus sur scène et là encore, c’est l’histoire d’un coup de cœur ! »

PLANS D’ATTAQUE

Les Garçons : « Tourner, faire le plus de scènes possibles et toujours un peu plus loin. On the road… et dans des festivals pas forcément rock. L’éclectisme, c’est très intéressant… »

Les Filles : « La signature du deuxième groupe et puis continuer afin d’obtenir un catalogue. Et parallèlement, l’organisation de soirées, de débats… Le nom est déjà trouvé : Les nuits félines  de Miaou Records ! »

Et tout le monde éclate d’un rire décomplexé. Mon avis que vous allez en entendre parler : Miaou a sorti ses griffes et le chaton s’amuse déjà…

PS : Actualité :  le label vient de signer Ua Tea, qui sort son premier EP en octobre !

Sophie Durade

Miaou- records.com
Blackbirdhill.fr

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