Albin de la Simone et Bertrand Cantat - Photo : Marylène Eytier
Centquatre (Paris), le 29 mars 2013
Cela fait quatre ans, à une poignée de jours près, qu’Alain Bashung a disparu et le moment était venu de lui rendre hommage, un hommage qui soit à l’image du personnage : multi-facettes, d’une sensibilité à vif mais distant, admiratif mais non hagiographique, respectant la légende sans oublier l’homme…

C’est Pierre Mikaïloff, biographe d’Alain Bashung, qui a initié ce projet, en s’alliant avec Hédi Tillette de Clermont-Tonnerre, auteur et metteur en scène, pour en faire une biographie théâtrale et musicale. Le narrateur est double : le journaliste et écrivain, enfermé dans son bureau, parcourt son texte à la lumière d’une petite lampe, égrainant les étapes d’une vie avec le recul propre au biographe ; de l’autre côté, Frau Major la première compagne, délaissée du jour au lendemain, puis suivant le parcours du chanteur de loin mais avec toute la sensibilité exacerbée qu’ont laissée l’intimité et l’amour.

Et c’est une vie qui défile sous nos yeux : les rêves et les lassitudes, les tubes et les échecs cuisants, auxquels correspondent les encouragements, les mises sous pression  et les  rejets sans appel d’un patron de label aussi prompt à changer d’avis que les chiffres de vente, les  rencontres et les ruptures…

Liant les prises de parole théâtrales de ces trois intervenants, le dernier groupe d’Alain Bashung assure une trame musicale et accompagne, ponctuant le parcours chronologique, la prestation de chanteurs venus interpréter à leur manière quelques grands morceaux de celui qu’ils ont côtoyé de près, avec qui ils ont collaboré et qui les a inspirés : Chloé Mons, en premier, reprend « Bijou, bijou », puis Albin de la Simone, « Station service », Kent, « Gaby », Miossec, « Osez Joséphine », Brigitte Fontaine vient susurrer « La nuit je mens » et c’est finalement Bertrand Cantat, invité surprise, qui offre sa version de « Comme un lego »… Comme autant de personnes qu’Alain Bashung, dont la présence est palpable sans qu’il soit jamais nommé, aura, n’en déplaise à la longue litanie finale de son biographe énumérant, alors que la trajectoire s’achève, tout ce et tous ceux qu’il a usés, bien plus sûrement enrichies…

Jessica Boucher-Rétif

Photos : Alain Dodeler / Marylène Eytier


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