Cherry Boop and The Sound Makers, Magazine Longueur d'ondes
Bus Palladium (Paris), le 29 mars 2013.
De retour de Philadelphie avec un nouvel album, Cherry Boop and The Sound Makers, fraîchement installés dans la capitale offraient un concert séduisant, fruit d’un savant mélange de Soul 60’s, de funk et d’envolées free-jazz.

Après une introduction instrumentale enlevée, Cherry Boop rejoint ses musiciens en robe moulante et talons hauts, sensuelle, dans la pure tradition des chanteuses de soul music. Sa voix, douce et langoureuse, semble sortie tout droit de vieux transistors américains.

Le public est venu en nombre pour une première partie de soirée. Près de deux cents personnes assistent au concert. Dès les premières notes de la reprise du très disco « I want to give you my everything » de Carl Douglas,  revisité, le clavier se déchaîne sur des mélodies funk. L’énergie contagieuse du groupe pousse le public, encore timoré, à se lever pour danser. Au fil des titres, Cherry, ancienne danseuse, conquiert l’assistance qui remue en rythme avec « My weakness », sorte de confession des fragilités du personnage.

Des Français à la sauce Philadelphia

Cherry Boop and The Sound Makers, Magazine Longueur d'ondesCherry Boop and The Sound Makers est né de la rencontre d’une chanteuse – qui a choisi la langue de Shakespeare en s’inspirant de ses idoles telles Tammi Terrell et Brenda Holloway – avec un groupe de musiciens en quête d’identité, se cherchant entre le jazz, le ska, la soul et le reggae. On comprend pourquoi, alors que l’on s’attendait à lever le poing sur des rythmes jamaïcains, on finit par claquer des doigts comme si on était en voiture avec un bon vieux classique de Curtis Mayfield. C’est ainsi que le groupe a fait appel à Alban, excellent claviériste du Jim Murple Memorial, qui offre au groupe une dimension groove et free sur scène.

Du jazz à la soul aux accents funk

Après deux dates « pour voir » les 29 mars et 4 avril à l’Alimentation Générale, Cherry espère convaincre les tourneurs de les programmer tout au long de l’année. Très rares sont les groupes de soul-jazz à émerger aujourd’hui en France. « On a eu l’immense privilège de rencontre Bobby Eli – multiple lauréat du Grammy Awards – nous, des Français encore inconnus au bataillon. Il a produit notre album, dans un studio mythique de Philadelphie, qui a vu naître notamment The Roots », s’enthousiasme Cherry. Elle raconte, non sans une pointe de fierté, avoir chanté avec l’immense William Hart, le chanteur des Delfonics, qui aurait qualifié sa voix de « claire comme le cristal ». Le groupe a su charmer des géants de la musique américaine. De retour dans l’hexagone forts d’un album très prometteur, ils devraient désormais séduire le public français.

Aurélie M’Bida
Photos Maxence Gandolphe de Witte

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